L'âge d'or de la presse

L'âge d'or de la presse

  • A « La République française ».

    GERVEX Henri (1852 - 1929)

  • La rédaction du Journal des Débats en 1889.

    BERAUD Jean (1849 - 1935)

Fermer

Titre : A « La République française ».

Auteur : GERVEX Henri (1852 - 1929)

Date de création : 1890

Date représentée : 1890

Dimensions : Hauteur 145 - Largeur 217

Technique et autres indications : Huile sur toile.Titre complet : A la correction du journal : la République Française, ses principaux rédacteurs sont groupés autour du directeur Joseph Reinach, député : Challemel-Lacour, sénateur, président du Sénat ; Waldeck-Rousseau, sénateur ; Eugène Spuller, député ; Jules Roche,

Lieu de Conservation : Musée d'Orsay site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet / G. Blotsite web

Référence de l'image : 81EE494/MV 6021

A « La République française ».

© Photo RMN-Grand Palais - D. Blot

Fermer

Titre : La rédaction du Journal des Débats en 1889.

Auteur : BERAUD Jean (1849 - 1935)

Date de création : 1889

Date représentée : 1889

Dimensions : Hauteur 98 - Largeur 115,1

Technique et autres indications : Huile sur toile

Lieu de Conservation : Musée d'Orsay site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - C. Jeansite web

Référence de l'image : 91EE18/RF 1990-5

La rédaction du Journal des Débats en 1889.

© Photo RMN-Grand Palais - C. Jean

Date de publication : mars 2016

Contexte historique

Depuis la fin de la Restauration, la presse quotidienne prédomine en France. 255-257)

Analyse des images

La République française, journal fondé par Gambetta en novembre 1871, fut considéré dès sa création comme un « organe sérieux et autorisé du parti démocratique ». Le quotidien – tiré à 15 000 exemplaires en 1878 – recrute ses rédacteurs parmi les anciens collaborateurs de la Défense nationale. En 1890, Joseph Reinach, qui a repris la direction du journal en 1886, commande ce portrait de groupe que Gervex exécute dans la droite ligne des portraits collectifs du XVIIe siècle (Hals, Rembrandt). Réunis dans le bureau directorial où trône l’effigie de Gambetta disparu en 1882, les rédacteurs, J. Roche, J. Reinach, E. Arène, Challemel-Lacour, Waldeck-Rousseau et E. Spuller sont saisis dans l’instantané de leurs activités quotidiennes, confrontant leurs propres écrits à ceux du Temps, leur concurrent le plus direct. Dans l’austérité des costumes sombres et du décor transparaît l’ambition du fondateur du journal : « M. Gambetta nous recommanda de nous considérer chacun, non comme un journaliste, mais comme un futur membre du gouvernement ; nous devions exposer nos idées avec le sérieux, la gravité, la maturité qui conviennent à des hommes prêts à les appliquer. » (Freycinet, Souvenirs, Paris, 1912, tome.I, p. 28-29)
La grande toile de Béraud, qui commémore le centenaire de la naissance du Journal des débats, est plus animée. Réunissant l’ensemble des collaborateurs, une quarantaine, parmi lesquels Lavisse, Ernest Renan, Hippolyte Taine, Jules Lemaître, Paul Bourget, Léon Say et Jules Dietz, le peintre a immortalisé l’antique salle de rédaction, inchangée depuis le rachat du journal par les frères Bertin en 1799. Tribune des républicains conservateurs, le Journal des débats s’attache « l’élite académique du monde des arts et des lettres ». Prônant un « journalisme de qualité », où « l’information est en soi moins importante que le commentaire auquel elle donne lieu » (C. 351), il dédie une large part de ses colonnes à la vie culturelle : « Le Journal des débats a conservé cet antique académisme. On y cultive le style raffiné. On y traite spécialement la politique, l’économie sociale, la science, la littérature et la bonne grammaire classique. C’est un journal de nuance. » (A. Pereire, 1924, p. 135)

Interprétation

L’audience du Journal des débats reste faible (6 935 exemplaires en 1880). Au cœur des grands scandales qui agitent alors l’opinion publique (canal de Panama, affaire Dreyfus), les chroniques demeurent modérées, en marge des grands courants de pensée contemporains. A l’inverse, La République française, journal conçu dès sa création comme un instrument de propagande, est censée réunir les partisans du programme de son fondateur. Alors que les grands titres d’information, tels que le Petit Journal ou La Petite République – tirant respectivement à 583 820 et 196 372 exemplaires en 1880 – ne se font pas directement l’écho des doctrines républicaines, La République française, dont le tirage quotidien s’élève seulement à 11 506 exemplaires, se présente comme une feuille d’opinion politique – Gambetta l’avait surtout destinée à servir de relais aux journaux de province, qui, eux, avaient conservé leur rôle d’organe électoral.

  • Renan (Ernest)
  • Gambetta (Léon)
  • presse
  • IIIe République
  • opinion publique
  • propagande
  • scandale

Bibliographie

Henri Gervex 1852-1929, catalogue de l’exposition, musée Carnavalet, 1er février-2 mai 1993, Paris, Paris-Musées, 1992.Claude BELLANGER, Jacques GODECHOT, Pierre GUIRAL, TERROU Fernand (dir.), Histoire générale de la presse française, tome III, Paris, PUF, 1972.René de LIVOIS, Histoire de la presse française, Lausanne, Editions Spes, 1965.Alfred PEREIRE, Le Journal des débats politiques et littéraires 1814-1914, Paris, Librairie ancienne Edouard Champion, 1924.

Pour citer cet article

Emmanuelle GAILLARD, « L'âge d'or de la presse »


Video: Le XIXe siècle - Un peu dhistoire