Robert Cavalier de LaSelle

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Robert Cavalier de LaSelle est né en France en 1643. Il émigre en Nouvelle-France et, après avoir exploré la région, s'installe à Montréal en 1666. Trois ans plus tard, il part en expédition qui l'amène à découvrir la rivière Ohio.

En 1682, LaSelle descend le Mississippi jusqu'au golfe du Mexique et revendique l'intégralité du territoire pour la France. Il nomma le territoire Louisiane en l'honneur du roi Louis XIV. Il a ensuite déménagé au Texas où il a établi une colonie française. Robert Cavalier de LaSelle est assassiné par ses propres hommes en 1687.


René-Robert Cavelier de La Salle

Son seul titre de gloire est sa descente du Mississippi, sur laquelle les revendications françaises sur la Louisiane devaient être fondées (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-1843).

De retour en France, il se rallia au projet de Bernou d'établir une base à l'embouchure du Rio Grande pour la conquête du Mexique. Pour que cela semble plus réalisable au roi, il a falsifié la géographie, situant le Mississippi à plus de 600 milles à l'ouest de son véritable cours. Étant donné le commandement de l'expédition, il fait preuve d'incompétence et de paranoïa. Cela, et sa duplicité antérieure, l'ont amené à débarquer en février 1685 à Matagorda Bay [Texas] qu'il prétendait être un débouché du Mississippi. La plupart des fournitures de l'expédition ayant été perdues et les Indiens aliénés, la famine se profilait. En avril 1686, La Salle part avec 20 hommes chercher de l'aide au fort St-Louis-des-Illinois. La dissension dans son parti et à la base aboutit à la désertion et au meurtre, et finalement à l'assassinat de La Salle. Ce qui est étonnant, c'est que ses hommes ne l'avaient pas tué depuis longtemps.

Héros romantique pour les historiens du XIXe siècle, La Salle fut en fait victime de ses propres incapacités. Son seul titre de gloire est sa descente du Mississippi, sur laquelle les revendications françaises sur la Louisiane devaient être fondées.


Robert Cavalier de LaSelle - Histoire

CAVELIER DE LA SALLE, RENÉ-ROBERT, explorateur, fondateur de Lachine, seigneur de Cataracoui, découvreur des embouchures du Mississippi b. le 21 nov. 1643 à Rouen (Normandie), fils de Jean Cavelier, mercier en gros, et de Catherine Geest assassinée le 19 mars 1687 au Texas.

René-Robert fut baptisé dans la paroisse de Saint-Herbland, et élevé dans le même quartier que Pierre Corneille, à cinq minutes à pied à peine de la demeure du grand dramaturge. Il appartenait à une riche famille de la haute bourgeoisie de la France provinciale, et le nom de La Salle, qu'il devait plus tard rendre célèbre, était celui d'un domaine appartenant à ses parents dans les environs de Rouen.

Il étudia au collège des Jésuites de sa ville natale jusqu'en 1658, année où il entra en noviciat dans la Compagnie de Jésus à Paris. Il devait passer neuf ans dans cet ordre. Il prononce ses vœux en 1660, et s'engage pendant deux ans en logique et physique à La Flèche, études qu'il complète par la suite par une année de mathématiques après avoir été professeur au lycée d'Alençon. Puis il enseigne à nouveau, à Tours et à Blois, de 1664 à 1666.

Apparemment, ce jeune scolastique éprouvait un besoin perpétuel de changer de métier et de milieu. "Inquietus" était le mot utilisé pour décrire son manque de stabilité. Il va s'ennuyer et se désintéresser de son travail, mais malgré tout il fait preuve de réels dons, notamment en mathématiques. D'un autre côté, ses supérieurs avaient assez peu d'estime pour son jugement et une opinion à peine plus élevée de sa discrétion. Ils le trouvèrent d'ailleurs par tempérament émotif et imaginatif, et en même temps insociable, autocratique et fougueux, peu apte à se conformer à une règle rigide. Le frère Cavelier robuste et impulsif, malgré ses efforts et sa conscience scrupuleuse, était une force élémentaire qui défiait toutes les tentatives pour la maîtriser. Lui-même, à 22 ans, a tenté de sublimer son énergie indomptable, sa mobilité de caractère et son esprit d'indépendance, en demandant à deux reprises d'être envoyé en mission. Mais les autorités ne le considéraient pas suffisamment prêt : sa formation théologique n'était pas achevée, sa préparation religieuse était encore insuffisante. Ainsi, en octobre 1666, il reprit ses études à La Flèche, pour demander peu après l'autorisation de les poursuivre au Portugal, en vue de se préparer à son éventuel apostolat missionnaire. Il a rencontré un autre refus. Incapable de supporter plus longtemps la tension, il s'est fait délivrer de ses vœux, à cause de ce qu'il a appelé ses « fragilités morales ». Le 28 mars 1667, les portes du couvent se referment à jamais derrière lui.

Cavelier n'avait à sa disposition que de maigres ressources financières pour se frayer un chemin dans le monde. Légalement, il était exclu par son vœu de pauvreté du partage de tout héritage paternel (son père était décédé peu de temps avant que le jeune homme ne quitte l'ordre des jésuites), et il ne possédait qu'un revenu modeste. De plus, il n'avait pas de profession. Son envie incessante de voir toujours de nouveaux horizons ne l'avait pas quitté, cependant. Il avait un oncle dans la Compagnie des Cent-Associés et un frère sulpicien à Montréal qu'il avait, de plus, grandi dans une ville tournée vers le Canada et située dans un archidiocèse auquel appartenait l'Église de la Nouvelle-France comme dépendance. . Un tel parcours ne pouvait manquer de le pousser à se rendre en Amérique. Il ne perdit pas de temps et arriva dans la colonie entre juin et le début de novembre 1667. Là, les Sulpiciens lui concédèrent une seigneurie sur l'île de Montréal.

Le 9 janvier 1669, après y avoir accordé relativement peu d'attention, La Salle vendit la majeure partie du fief de la côte Saint-Sulpice à ses premiers propriétaires, qui le lui avaient donné pour rien. L'argent tiré de cette transaction l'aidera plus tard à assouvir le démon de l'aventure logé en lui, le désir de gloire qui le ronge. Il rêvait de découvrir la rivière Ohio, « pour ne pas laisser à un autre l'honneur de trouver le chemin de la mer du Sud, et par là même la route de la Chine ». Comme les projets de La Salle pouvaient s'inscrire dans le programme missionnaire du sulpicien Dollier* de Casson, le gouverneur demanda aux deux hommes d'unir leurs forces. Cependant, le supérieur des Sulpiciens craignait que la disposition de La Salle, « connue pour être quelque peu changeante », ne le pousse à abandonner l'expédition « au premier coup de cœur ». Il laissa donc le diacre Bréhant de Galinée, qui avait « quelques notions de mathématiques et assez pour dresser une carte tant bien que mal », se joindre à l'entreprise.

La Salle se départit de ses propriétés montréalaises, ne gardant que sa maison comme usine de traite des fourrures. Il quitte Ville-Marie (Montréal) au début de juillet 1669 avec une flottille de neuf canots. Dès le départ, le voyage fut difficile, car La Salle était mal préparé et ses compagnons n'étaient guère mieux lotis. Ils étaient tous plus ou moins novices dans l'art de survivre dans les bois, ils n'avaient pas de guide, et si Galinée, de son propre aveu, était un cartographe médiocre, La Salle lui-même n'était pas plus compétent comme astronome. Enfin, ils ne pourraient communiquer avec les Iroquois, chez qui ils se rendaient, qu'en se servant comme interprète d'un Hollandais maîtrisant peu le français. "M. de La Salle, écrit Galinée, qui disait qu'il comprenait parfaitement les Iroquois, qu'il avait appris toutes ces choses d'eux par la parfaite connaissance qu'il avait de leur langue, qu'il ne la connaissait pas du tout et qu'il entreprenait ce voyage presque aveuglément, sans savoir où il allait.

Avec beaucoup d'épreuves et de tribulations, ils ont atteint le lac Ontario le 2 août et les approches du pays Seneca six jours plus tard. Vers le 10 août, des Indiens sont venus en délégation rencontrer les Français à une rivière appelée Karongouat. La Salle, Galinée et quelques hommes ont accepté de les suivre dans leur village (sur le site de ce qui est aujourd'hui Boughton Hill, N.Y.), dans l'espoir d'obtenir un guide pour le pays de la rivière Ohio. Les Sénèques tinrent un grand concile – au cours duquel La Salle reconnut son ignorance de leur langue – et, tout en ne refusant pas ouvertement de prêter leur aide aux Français, les indigènes avancèrent des prétextes pour la différer. Il semblait qu'ils ne voyaient pas d'un bon œil l'idée que ces Français aillent parmi leurs ennemis. Ils s'efforcèrent même secrètement de décourager l'interprète néerlandais. Finalement, leurs intrigues furent si fructueuses que les explorateurs y furent retenus pendant un mois, inquiets de se retrouver dans le voisinage des parents d'un chef sénèque assassiné en juin par des soldats de la garnison de Montréal. Mais l'arrivée d'un voyageur en route vers la rive nord du lac Ontario les tire d'embarras. C'est un Iroquois qui rentre à Ganastogué, son village, et il propose d'y conduire les blancs. Il les assura qu'ils y trouveraient facilement un guide pour les conduire dans l'Ohio par le lac Érié, route plus commode, selon lui, que celle qui traverse le pays sénèque. Au fond de la baie de Burlington, La Salle est foudroyé de fièvre : Roche." Puis, le 24 septembre, lui et ses compagnons se rendent à Tinaouataoua (à quelques kilomètres au nord d'Hamilton), où ils vont faire une rencontre décisive. Adrien, le frère de Louis Jolliet, y était depuis la veille, revenu d'une mission dans les Grands Lacs. Il décrivit aux deux sulpiciens la route qu'il venait de parcourir depuis le pays des Outaouais, où il avait laissé ses hommes à la recherche d'une grande tribu non encore évangélisée, les Potawotomis. Les missionnaires voient tout de suite dans cette tribu un champ d'apostolat qui leur permettra de rejoindre la région de Belle Rivière (Ohio) par les Grands Lacs, une route qui leur paraît d'autant plus facile que Dollier et Galinée parlent la langue outaouaise.

Cependant, La Salle avait alors perdu son enthousiasme. Il fit de son mauvais état de santé un prétexte pour quitter Dollier et Galinée le 1er octobre et pour rentrer, disait-il, à Montréal.

Le véritable motif de cette décision suscite encore des interrogations. Officiellement, l'explorateur était malade, et en raison de son inexpérience et de celle de son groupe, avait peur de passer l'hiver dans les bois. Cependant, bien que plusieurs de ses hommes soient retournés à Ville-Marie, La Salle lui-même a continué à voyager.

Dans quelles régions ? Cette question particulière a fait couler beaucoup d'encre et est l'une des questions les plus confuses de l'histoire du Canada. Il a été affirmé qu'en 1669-1670 La Salle a exploré l'Ohio. Bien plus, certains admirateurs, croyant faire à la ville de Rouen l'honneur d'être le berceau d'un conquistador à la Cortez - Margry, Chesnel, Gravier, et autres historiens de la même école - sont allés jusqu'ici. que d'affirmer que La Salle a découvert le Mississippi avant Jolliet et le père Marquette, c'est-à-dire avant le 15 juin 1673. Le peu de soin de l'archiviste Pierre Margry dans l'édition des documents concernant son héros a pu contribuer à l'essor et à la persistance de ce double mythe.

On sait très peu de choses sur les mouvements de La Salle au cours de la période considérée. Nicolas Perrot* dit l'avoir rencontré au début de l'été 1670, chassant sur l'Outaouais (rivière des Outaouais) en aval du rapide des Chats, c'est-à-dire à plus de 700 milles, à vol d'oiseau, des rapides Louisville, la pointe La Salle est supposée par certains avoir atteint en explorant l'Ohio. Cependant, ce témoignage prouve peu, car Perrot est généralement en désaccord avec la chronologie acceptée.

En tout cas, il est hors de doute que La Salle est venu à Québec, n'ayant découvert ni l'Ohio ni le Mississippi, entre le 18 août 1670, date du retour de Talon dans la colonie, et le 10 novembre suivant, date d'une lettre dans lequel Talon déclara qu'il avait envoyé La Salle vers le sud, pour trouver « le passage vers le Mexique ». De plus, les 6 août 1671 et 18 décembre 1672, il était de nouveau à Montréal, à la recherche d'argent, comme l'attestent les documents déposés au greffe de Ville-Marie.

Puis, au début de 1673, on le retrouve chez les Iroquois, occupé à préparer l'expédition que Frontenac [voir Buade ] prévoyait de se rendre au lac Ontario : le Relations des Jésuites et une lettre du gouverneur sont nos sources d'information ici.

Il ne reste donc que deux intervalles pendant lesquels La Salle aurait pu faire la découverte de l'Ohio ou du Mississippi. Ces périodes se situent respectivement dans les 10 mois environ allant de l'automne 1670 au 6 août 1671, date à laquelle l'explorateur était à Montréal, et les 16 mois séparant cette dernière datent du 18 décembre 1672, jour où il était de nouveau à Ville-Marie. Aucun document appartenant à ces périodes, du moins dans l'état actuel de nos connaissances, ne donne la moindre indication que La Salle ait pu découvrir à cette époque l'un ou l'autre des cours d'eau en question.

Certes, personne dans la colonie ne semble avoir rien su d'une découverte, pas même Dollier de Casson qui, à l'été ou à l'automne 1671, en racontant l'expédition du gouverneur Rémy de Courcelle au lac Ontario, qualifie la découverte de l'Ohio de objectif encore à atteindre. De plus, Talon et Frontenac confièrent à Louis Jolliet, qui partit à l'automne 1672, la mission de rechercher le Mississippi.

La Salle semble avoir gardé le silence complet sur ses explorations à cette époque, c'est même à l'insu de Talon qu'il se présente en août 1671 à Montréal, puisque le 2 novembre de la même année l'intendant déclare que l'explorateur n'est pas revenu de son voyage. Pourtant, si La Salle avait eu à son actif quelque découverte importante, il était dans son intérêt de la publier largement, il était même de son devoir de la rapporter à Talon, puisque ce dernier lui avait confié une mission officielle. La seule explication plausible de l'attitude de La Salle est qu'il n'avait trouvé ni l'Ohio ni le Mississippi.

Les partisans de Cavelier de La Salle comme découvreur des deux grands cours d'eau s'appuient sur deux documents postérieurs : le « Récit d'un ami de l'abbé de Gallinée » et le « Mémoire sur le projet du sieur de la Salle pour la découverte de la partie occidentale de l'Amérique septentrionale entre la Nouvelle-France, la Floride et le Mexique. Ces textes ont été composés par les deux éminences grises de La Salle qui, en Europe, s'occupaient des coulisses de la politique coloniale française. Le « Récit » est attribué à l'abbé Eusèbe Renaudot, petit-fils du fondateur de la Gazette de France, dont il devint à son tour le rédacteur en chef. Orientaliste hors pair, polyglotte et membre de l'Académie française, ce personnage, réputé pour son érudition, fut très précieux pour Louis XIV dans les relations de ce monarque avec Rome, l'Angleterre et l'Espagne. Sa passion pour les sciences, dont la géographie, son zèle religieux teinté de jansénisme et hostile aux jésuites, font de lui l'homme parfait pour devenir le protecteur de La Salle, un explorateur en perpétuel conflit avec les fils de Loyola.

Le « Récit », qui n'est pas, notons-le, un document original, mais une copie (dont l'auteur et la date sont inconnus), est le récit de conversations qui auraient eu lieu en 1678, à Paris, entre La Salle et Renaudot en présence d'amis. Malgré les garanties de véracité avec lesquelles le savant ecclésiastique essaie de l'étayer, son texte n'en est pas moins suspect. Premièrement, son objectivité est très douteuse, car il provient d'une collection de manuscrits anti-jésuites et est lui-même, en grande partie, un pamphlet dirigé contre les jésuites au Canada. Ensuite, aussi, il est difficile de prendre au sérieux un texte basé sur les descriptions géographiques les plus improbables.

L'abbé Claude Bernou, à qui l'on doit le « Mémoire » (présenté à la cour en 1677), ne produit pas de témoignage plus solide, car le sien repose sur une chronologie laxiste et des détails géographiques inexacts. D'ailleurs, il se contente de déclarer vaguement : « En 1667 et les années suivantes, il [La Salle] fit divers voyages très coûteux, au cours desquels il fut le premier à découvrir de nombreux pays au sud des Grands Lacs, et aussi la grande rivière Ohio.

L'abbé avait de bonnes raisons de vouloir attribuer une telle découverte à La Salle. En plus d'être membre du cercle de Renaudot, qui regroupait de nombreuses personnalités influentes qui exprimaient la plus vive curiosité concernant les explorations dans le Nouveau Monde et qui soutenaient les Récollets dans leur opposition à la Compagnie de Jésus, Bernou (qui effectua lui-même, le occasion, missions diplomatiques) avaient des ambitions personnelles définies que le succès de La Salle pourrait progresser. Le prêtre, en effet, de son propre aveu, voulait devenir l'agent salarié de l'explorateur, et rêvait même d'un épiscopat dans les territoires dont on pouvait attendre de La Salle qu'il enrichisse le royaume de France.

Cependant, Bernou est obligé de se rétracter en 1685. Lors d'une controverse avec Mgr de Saint-Vallier [La Croix*], qui réclame pour le diocèse de Québec la région du golfe du Mexique, où La Salle est allé fonder un poste, Bernou écrit assez explicitement : « Il est vrai que le père Marquette a découvert le fleuve Mississippi, mais il l'a simplement contourné.

Parmi les autres arguments avancés par les partisans de La Salle dans cette controverse, l'un des plus importants semblerait être l'évidence cartographique. Deux cartes attribuées à Louis Jolliet indiquent le cours de l'Ohio, et, sous le contour du fleuve, comportent respectivement les inscriptions suivantes : « Route du sieur de La Salle pour aller au Mexique » et « Fleuve sur lequel le sieur de La Salle a continué à quitter le lac Érié pour aller au Mexique. Ces références ont été interprétées comme un aveu tacite par Jolliet lui-même de la découverte de l'Ohio par La Salle. Mais d'après de minutieuses recherches scientifiques, notamment celle du Père Jean Delanglez, ces deux inscriptions sont des interpolations n'ayant rien à voir avec Jolliet, la première étant d'origine inconnue, la seconde de la main de Bernou lui-même.

Enfin, une lettre écrite par La Salle, datée du 29 septembre 1680, devrait suffire à trancher l'argument.La lettre montre assez clairement qu'à cette époque l'explorateur ignorait encore presque entièrement la rivière Colbert (Mississippi), au vu des questions élémentaires qu'il avoue avoir posées aux Illinois à son sujet.

À l'automne 1673, La Salle revint à Montréal. La colonie est alors le théâtre d'une tragi-comédie dont les protagonistes rivaux sont Perrot, le gouverneur de Montréal, l'abbé Fénelon [voir Salignac], et Frontenac. Là, aux côtés du gouverneur de la Nouvelle-France, dont il devint le fervent partisan, La Salle joua un rôle voisin de celui de valet de chambre dans la comédie. Les deux individus avaient apparemment toutes les raisons de bien s'entendre : leurs personnalités étaient également fortes, mais complémentaires, leurs intérêts respectifs pouvaient être mutuellement avantageux et ils partageaient une antipathie envers les jésuites.

Il ne fallut pas longtemps pour que La Salle profite de son alliance avec Frontenac. Grâce à son puissant protecteur, le découvreur réussit, lors d'un voyage en France en 1674-1675, à s'assurer la concession du fort Cataracoui (aujourd'hui Kingston), qu'il rebaptisa Frontenac, et il acquit même des lettres de noblesse pour lui-même et ses descendance. La Salle, qui avait des ambitions d'empire, savait bien comment il pouvait profiter d'un poste sur le lac Ontario, qui, selon Talon, pourrait être « la première ouverture vers une route terrestre vers la Floride ».

Pourtant, le fort Frontenac ne lui suffit pas. En 1677, il revint à la cour pour demander l'autorisation de construire, à ses frais, « deux établissements [...]. . . l'un à l'entrée du lac Érié, l'autre à la sortie du lac des Illinois [Michigan] [pour devenir] seigneur des terres qu'il pourrait découvrir et peupler . . . de recevoir la propriété de toutes les terres défrichées que les Indiens pourraient abandonner de leur propre gré, comme ils le font parfois, et la charge de gouverneur dans lesdits territoires. Malgré ses détracteurs, aux yeux desquels ses ambitions démesurées le mettaient au rang d'un imbécile « prêt pour la maison de fous », l'explorateur, grâce à ses pouvoirs de persuasion et aux bons offices de Bernou et de Renaudot, obtint l'autorisation du roi, le 12 mai 1678, pour reconnaître la partie occidentale de l'Amérique du Nord entre la Nouvelle-France, la Floride et le Mexique.

Le 15 septembre suivant, La Salle arrive à Québec avec une trentaine d'artisans, marins et gentilshommes, parmi lesquels Dominique La Motte de Lucière et le chevalier Henri Tonty*, qui sera l'agent de confiance de l'explorateur et son infatigable lieutenant dans ses entreprises . Désireux de commencer, La Salle, avec Tonty et quelques hommes, rejoignit La Motte à la rivière Niagara, vers Noël. La Motte avait été envoyée en éclaireur, avec le père Hennepin* et un petit groupe de Français, pour préparer pour la construction d'une barque au-dessus des chutes.

En janvier, le bateau était sur les stocks, et la construction a commencé sur le fort, qui devait s'appeler Conti. À cause de malheurs mésaventures, La Salle se voit contraint de retourner immédiatement, à pied et dans les pires conditions, au fort Frontenac, et il ne revient qu'à la fin de juillet.

Pendant son absence, malgré les circonstances les plus défavorables, il s'avéra possible d'achever un bateau d'environ 45 tonnes, armé de 7 canons. Les Griffon – ainsi appelé en l'honneur des armoiries de Frontenac – fut lancé le 7 août 1679. La Salle avait à son bord, outre un pilote et une trentaine d'hommes, les pères Hennepin, Membré et La Ribourde. Après 20 jours de navigation extrêmement dangereuse, il atteint le détroit entre les lacs Huron et Michigan et débarque à la mission Saint-Ignace de Michillimakinac. Le 12 septembre, il met le cap sur la baie des Puants (Green Bay). De là, malgré l'ordre exprès du roi de ne faire « aucun commerce avec les Indiens appelés Outaouacs et autres qui apportent leurs castors et autres peaux à Montréal », il envoya le Griffon retour à Niagara chargé d'une importante cargaison de fourrures, ainsi que de marchandises destinées à être entreposées à Michillimakinac jusqu'à son retour. Avec l'arrivée de l'hiver, il dut continuer son voyage en canot.

Le 19 septembre 1679, La Salle part avec 14 hommes et 4 canots. Au milieu du vent et de la tempête, il se dirige vers le sud du lac Michigan, s'arrêtant le 1er novembre à l'embouchure de la rivière des Miamis (Saint-Joseph), où il a rendez-vous avec Tonty. Comme le site présentait des avantages, il y fit construire un fort de 40 pieds sur 30 et décida d'amener les Griffon de Michillimakinac. Personne là-bas, cependant, n'avait vu l'écorce, selon Tonty, qui s'est présenté à la rivière Saint-Joseph le 20. Aussi La Salle repartit anxieusement le 3 décembre, ayant doublé ses forces et laissant des instructions aux Griffon au cas où il devrait apparaître. Il remonta d'abord la rivière, puis traversa le Téatiki (Kankakee), qui le conduisit dans les Illinois.

Le 5 janvier 1680, l'expédition atteignit le village illinois de Pimitoui, à proximité de l'actuelle ville de Peoria. La Salle expose aux Indiens son projet de construire un fort et une barque dans les environs, les assurant en même temps de ses bonnes intentions. Ses auditeurs acceptèrent volontiers. Mais la visite d'un chef de Mascouten les fit bientôt changer d'attitude. Ils se laissèrent convaincre du manque de sincérité de l'explorateur, qui, pensaient-ils, était un allié dangereux de leurs ennemis mortels, les Iroquois. Ils firent donc tout leur possible pour le dissuader de son plan d'exploration du Mississippi, essayant d'effrayer les Français avec la description des dangers imaginaires qui les attendaient sur le fleuve. Six précieux ouvriers, impressionnés par cette causerie, abandonnèrent la fête et s'éclipsèrent. Mais malgré tout, le 15 janvier, à une distance prudente du village indien, La Salle entreprend la construction du fort qui s'appellera Crèvecœur, allusion aux multiples déboires de l'explorateur. Il n'était pourtant qu'au début de ses ennuis.

Le 29 février, La Salle envoie le père Hennepin et deux compagnons en avant-garde vers le haut Mississippi. Lui-même, manquant du matériel nécessaire pour équiper une nouvelle barque à cause de la disparition de sa première, décide de partir à la recherche du Griffon. La météo instable du printemps, avec son alternance de gels et de dégels, décuplait les difficultés d'une telle aventure. Après le 18 mars, La Salle et les cinq hommes qui l'accompagnaient durent abandonner leur pirogue pour continuer leur voyage à pied. Six jours plus tard, alourdis sous le poids de leur équipement, ils atteignirent le terme d'un voyage de 275 milles en tout : le fort de la rivière Saint-Joseph. N'y obtenant aucune information sur le sort des Griffon, La Salle a continué vers le lac Érié, « à travers des bois si denses de ronces et d'épines qu'en deux jours et demi, lui et ses hommes ont eu leurs vêtements déchirés en lambeaux, et leurs visages si couverts de sang et lacérés qu'ils n'étaient pas reconnaissable." Pendant le voyage, certains de ses compagnons sont tombés malades. Pour les transporter, des bateaux de fortune sont rassemblés et, tantôt en raquettes, tantôt sur la rivière, le groupe atteint Niagara le 21 avril 1680. En récompense de ses efforts surhumains, La Salle trouve le fort incendié et apprend de la perte, dans le golfe du Saint-Laurent, d'un navire lui rapportant plus de 20 000 francs de marchandises. Mais, rien d'effrayé, l'explorateur rassembla assez de courage pour se rendre au fort Frontenac, où il accomplit le 6 mai « un voyage de près de 500 lieues, et le plus ardu qu'un Français ait jamais entrepris en Amérique ».

Il s'empresse alors de se rendre à Montréal pour régler des questions d'argent et revient rapidement à Cataracoui, plus endetté que jamais. Le 22 juillet, deux messagers envoyés par le chevalier de Tonty, resté à Crèvecœur avec les pères Membré et La Ribourde, apportèrent la nouvelle que le fort avait été saccagé et abandonné par le groupe qui y était resté. Cette véritable catastrophe menaçait sérieusement le succès des explorations de La Salle dans le pays des Illinois. Mais il ne perdait pas son temps en lamentations inutiles. Lorsqu'il apprit que plusieurs des hommes allaient tuer leur maître, après avoir pillé tous les postes qu'ils rencontrèrent où se trouvaient ses biens, La Salle s'embarqua sur le lac Ontario, pour traquer les déserteurs. Il tend une embuscade dans la baie de Cataracoui et les capture au début du mois d'août.

Puis, le 10 du même mois, avec 25 hommes, il entreprend une seconde expédition sur le territoire des Illinois. En chemin, il devait perdre le dernier espoir de voir le Griffon encore : selon certains Potawatomis, une tempête avait sans aucun doute coulé l'écorce, envoyant au fond du lac Michigan l'équivalent de 10 000 écus.

La flottille traversa le lac Ontario et, en utilisant la rivière Humber, le lac Simcoe, la rivière Severn et la baie Georgienne, atteignit le Sault Ste. Marie le 16 septembre. Le lendemain, La Salle quitte la mission, à destination de Michillimakinac, où il croit pouvoir découvrir ce qui est arrivé à Tonty, laissé sans défense dans un territoire que les Iroquois s'apprêtent à attaquer. Mais son voyage fut infructueux : il n'y avait aucune nouvelle de son lieutenant. La Salle, consumé d'appréhension, courut alors au fort Saint-Joseph, puis à Pimitoui.

Le 1er décembre, il arrive dans un village des Illinois détruit par les Iroquois qui en ont également massacré les habitants. La Salle chercha en vain les traces du digne Tonty parmi les décombres et les cadavres horriblement mutilés. Une trentaine de lieues plus loin, la vue des ruines du fort Crèvecœur et de la barque inachevée n'était guère plus réjouissante. De plus en plus inquiet, La Salle descendit la rivière Illinois jusqu'au Mississippi, rencontrant d'autres signes de massacre en chemin, mais ne trouvant toujours aucune trace de Tonty.

Il revint ensuite sur ses pas jusqu'au fort Saint-Joseph qu'il atteignit à la fin de janvier 1681. Des renseignements qu'il y glana, il conclut qu'un canot qu'on avait vu passer Michillimakinac était celui de Tonty. Il y envoya aussitôt deux hommes, porteurs d'une lettre pour son ami.

Entre-temps, il s'efforce lui-même, par diverses négociations, d'inciter les Miamis et les Illinois à s'unir contre les Iroquois, afin d'assurer la sécurité de l'établissement français qu'il envisage toujours d'installer dans la région.

Début mars, des Outagamis (Renards) révélèrent que Tonty avait hiverné chez les Potawatomis. La Salle lui envoya des messagers pour fixer un rendez-vous à Michillimakinac en mai. Jusque-là, avec une énergie inébranlable, il devait faire des allers-retours entre les tribus qu'il voulait concilier. Puis, à la fin du mois de mai, il retrouve enfin son agent de confiance et entend le récit de ses aventures angoissantes, dont l'assassinat du père La Ribourde par les Indiens.

La Salle fit maintenant toute la course à Montréal, où Frontenac l'avait appelé. Il en profite pour rédiger, le 11 août 1681, un testament en faveur de son principal créancier – toute une meute est sur ses traces – son cousin François Plet. Et une fois de plus, il se remit en route, fermement résolu, cette fois, à se rendre jusqu'aux bouches du Mississippi.

Entre-temps, à Québec, l'intendant Jacques Duchesneau, qui un an auparavant jour pour jour avait dénoncé au ministre La Salle le commerce illégal du ministre La Salle avec les Outaouais (Ottawas), porta maintenant une accusation contre l'explorateur : dans une lettre du 13 novembre 1681 , il déclara que l'attitude provocatrice de La Salle envers les Iroquois les avait incités à la guerre contre les Illinois.

Le 19 décembre, La Salle est de retour à la rivière Saint-Joseph, où l'attend Tonty. Environ un mois plus tard, l'expédition, composée de 23 Français et 18 Indiens, était au fort Crèvecœur. Le 6 février 1682, il atteignit le Mississippi même, et une semaine plus tard, la rupture des glaces permit enfin de lancer les canots sur ses eaux. Six lieues plus loin, ils campaient dans des abris sur la rive droite, près de l'embouchure du Missouri. Puis ils repartirent, pagayant, chassant et s'émerveillant du pays luxuriant. Vers le cinquième jour, à mesure que le soir avançait, ils découvrirent sur leur gauche les eaux tumultueuses de l'embouchure de l'Ohio, cette célèbre « Belle Rivière » qui avait tant occupé les pensées de La Salle. Un autre arrêt a été fait dans le quartier de la ville actuelle de Memphis. Là, ils durent attendre une dizaine de jours un membre de l'expédition qui s'était perdu en chassant. Pendant qu'ils le cherchaient, La Salle fit construire un fort qu'il appela Prud'homme, du nom de l'infortuné armurier (fils de Louis Prud'homme) qui fut trouvé affamé et dérivant en aval sur un morceau de bois.

La Salle et son groupe ont levé le camp le 5 mars. Le 12, l'alarme est donnée : des cris de guerre retentissent sur la rive droite du Mississippi, accompagnés d'un roulement de tambours menaçant. Ils venaient d'Indiens de l'Arkansas surpris à la vue des pirogues françaises. Les Français les rassurent rapidement et fument avec eux le calumet de la paix. Les indigènes accueillaient joyeusement les blancs et les fournissaient somptueusement. La Salle, avec toutes les cérémonies d'usage, prit possession du territoire au nom du roi de France.

S'arrachant aux indigènes épanouis et affectueux, qui ne cessaient de caresser leurs corps en les caressant, les Français rembarquèrent, emmenant avec eux deux guides. Une quinzaine de lieues plus loin, ils atteignirent l'embouchure de la rivière Arkansas, où le voyage de Jolliet et de Marquette s'était terminé en 1673. Le pays des loutres cède la place au pays des crocodiles. Le 22 mars, ils campèrent chez les Taensas, en qui l'on reconnaissait, écrit Tonty, « certaines des qualités que possèdent les gens civilisés ». Ces indigènes, d'une beauté remarquable, recevaient leurs visiteurs avec un protocole spectaculaire, et en plus les comblaient de cadeaux.

Ils arrivèrent ensuite chez les Koroa, voisins des Natchez, qui les reçurent dans leur village et leur révélèrent qu'ils n'étaient plus qu'à 10 jours de l'océan. L'expédition est partie à Pâques, pour arriver enfin en vue de la mer le 6 avril.

Le lendemain, La Salle, Tonty et Jacques Bourdon d'Autray commencent l'exploration du delta du Mississippi. Et le 9 avril 1682, probablement près du lieu appelé aujourd'hui Venise, les Français prennent solennellement possession de la Louisiane. La Salle, vêtue d'écarlate bordée d'or, où la splendeur du Grand Siècle n'a-t-elle pas réussi à s'immiscer ! – au son d'hymnes triomphants et de salves de mousqueterie, érigea une croix et une colonne aux armes de Sa Majesté Très Chrétienne, et enterra une plaque de cuivre gravée d'inscriptions. Il délivra, par des sonneries, le bilan des territoires qui passèrent ainsi sous le règne de la couronne française. Enfin, le document était contresigné par douze des personnes présentes.

Mais un homme ne vit pas que de gloire et de fanfares, même s'il est un Cavelier de La Salle. Les Français souffraient d'une pénurie de nourriture, n'ayant rien pour se faire à l'exception des pommes de terre et du crocodile. Malgré le caractère inhospitalier des Acolapissas, dont ils avaient goûté les flèches en approchant des bouches du Mississippi, ils durent se résigner à s'approvisionner auprès de ces indigènes. Le voyage en amont, sur le chemin du retour au Canada, a commencé le 10 avril. Cinq jours plus tard, La Salle obtient une petite quantité de maïs, mais au prix d'une escarmouche avec les Acolapissas peu coopératifs. Soupçonnant la présence de quelques-uns d'entre eux parmi les Koroa, dont les Français atteignirent le pays le 29, La Salle fut incité à se précipiter sur le territoire des Taensas. Là, son groupe se renouvela copieusement, s'approvisionna en quantités suffisantes et se rembarqua avec beaucoup de cérémonie le 3 mai.

Toujours plus pressé, La Salle s'avança dans le territoire de l'Arkansas, laissant Tonty derrière lui avec une partie du groupe. Fin mai, le fidèle lieutenant rejoint son chef, gravement malade, au fort Prud'homme, chez les Chickasaws. L'explorateur l'envoya au fort Saint-Joseph, avec instruction d'écrire au gouverneur pour lui raconter la découverte. La Salle recouvra juste assez de forces pour repartir vers le 15 juin. Un mois plus tard, il était à Crèvecœur, et de là, encore convalescent, il se rendit au lac Michigan par voie terrestre. Puis il fait voile vers le fort Saint-Joseph, et de là entreprend un périple de 120 lieues jusqu'à Michillimakinac, où Tonty l'accueille en septembre 1682. N'étant pas suffisamment rétabli pour se rendre en France et rendre compte de sa découverte, La Salle se rend pas plus loin, et se borna à rédiger des dépêches dont le Père Membré devait se charger. Il écrit notamment au gouverneur de la Nouvelle-France pour lui demander de l'aide, au moment même où le successeur de Frontenac, Joseph-Antoine Le Febvre de La Barre, débarque dans la colonie.

Le 30 décembre, il regagne la rivière Illinois, en amont de l'actuelle ville de La Salle. Cet endroit avait été choisi par le découvreur pour la construction d'un fort, sur un rocher presque inaccessible. Le fort Saint-Louis, qui devait regrouper sous sa protection les Miamis, les Illinois et les Shawnees, est terminé en mai 1683.

Or, c'est le 10 de ce mois que le roi envoya à l'intendant de Meulles* des instructions dans lesquelles il s'opposait à de nouvelles explorations, n'acceptant que de permettre l'achèvement de celle de La Salle.

De son côté, ce dernier, face à une attaque iroquoise imminente, fait une nouvelle fois appel à La Barre pour obtenir de l'aide. Il ignorait l'hostilité de ce gouverneur, qu'il n'avait même pas encore rencontré. Dès le début de sa carrière, le découvreur, avec une persistance confinant à l'obsession paranoïaque, n'avait cessé de se croire victime de sombres complots montés contre ses entreprises et même contre sa vie, par des ennemis - qu'ils soient hommes d'affaires ou jésuites - qui gêné par ses explorations et ses établissements maintenant, alors qu'un complot contre lui se développait au Canada, il ne s'en doutait pas.La Barre, pour des raisons mercenaires, avait rallié les marchands, qui voyaient en La Salle un rival dangereux dans la traite des fourrures. Par conséquent, prétextant le prétendu abandon du fort Frontenac par La Salle l'automne précédent, il releva François Dauphin* de La Forest du commandement que lui avait confié l'explorateur, et fit du fort un centre d'affaires sous le contrôle de Jacques Le Ber* et Charles Aubert* de La Chesnaye. Et lorsque La Salle, en août 1683, quitta le fort Saint-Louis avec l'intention de se rendre à la cour pour rendre compte de sa découverte, il n'avait pas parcouru quinze lieues avant de se trouver face à face avec le chevalier Henri de Baugy*. . Cet officier, sur ordre de La Barre, allait reprendre le fort et renvoyer La Salle aux autorités de la colonie. La Barre se justifie cette fois en reprenant une ancienne plainte de Duchesneau : La Salle, par ses relations imprudentes avec les ennemis des Cinq Nations, compromet les négociations de paix entre les Français et les Iroquois. De plus, La Barre n'a pas craint d'écrire au ministre au sujet du sieur de La Salle « que son arrogance lui a tourné la tête qu'il a eu l'audace de [lui] avertir d'une fausse découverte ». Mais l'explorateur, qui n'est jamais en retard dans les accusations, affirmera, avant de regagner la mère patrie, que La Barre, lors de sa rencontre avec les Iroquois à Montréal le 14 août 1683, et en réponse à leurs récriminations contre La Salle, leur avait donné la permission de « le tuer ainsi que les gens qui étaient rassemblés près de son fort, sans aucune conséquence attachée à l'affaire ». Evidemment La Barre se défendrait vigoureusement !

C'est avec un recul sensible en faveur que La Salle, de son propre chef mais aussi sur ordre du gouverneur, monta à bord du Saint-Honoré, qui l'emmène à La Rochelle peu avant Noël.

Le découvreur avait à peine mis le pied sur le sol français qu'il tenta de former une compagnie de marchands, en vue de fonder une colonie parmi les Taensas. Devant des efforts manifestement inutiles, il décide de changer de tactique.

Il savait bien qu'il ne pouvait guère compter sur l'aide du roi qui, le 5 août précédent, avait écrit à La Barre « que la découverte du sieur de La Salle est tout à fait inutile [et que] de telles entreprises doivent désormais être empêchées ». L'explorateur se laisse donc persuader d'adapter à ses propres fins un plan présenté à la cour le 18 janvier 1682 par Bernou. En raison de ses ambitions personnelles, le curé intrigant avait toujours eu à cœur l'expansion coloniale de son pays. Il avait donc proposé au ministre un établissement sur le golfe du Mexique à l'embouchure du Rio Bravo (Rio Grande), qui aurait l'avantage de permettre la conquête de la Nouvelle-Espagne et de ses mines par le comte Diego de Peñalossa le comte, un ancien gouverneur du Nouveau-Mexique, avait fui l'Inquisition et mis son épée au service de la France. Apparemment, Bernou, avant même l'arrivée de La Salle dans la métropole, songeait à l'utiliser pour la mise en œuvre de son plan. En effet, le récit de l'expédition de 1682, préparé par le père Membré, et le Relation officielle de la découverte du delta du Mississippi transmise à la cour en 1683 (que certains attribuent au même auteur), avait été retravaillée, comme l'a montré Delanglez, par Bernou ou un autre membre de son entourage, de manière à faire la description de la La vallée du Mississippi coïncide à peu près avec celle du Rio Bravo, dont le prêtre s'était vanté auprès du roi des avantages multiples.

Il appartenait donc à La Salle de rendre attractif aux yeux du roi son projet d'établissement en Louisiane, en présentant l'établissement qu'il voulait fonder comme la base idéale pour l'invasion de la Nouvelle-Gascaye. Pour ce faire, il accepte de falsifier la géographie du Mississippi. Il fit dresser des cartes sur lesquelles la rivière Colbert, comme il appelait le Mississippi, déviait de 250 lieues vers l'ouest de son cours réel, et se jetait dans le golfe aux environs du Nouveau-Mexique. On ne peut pas, à la décharge de l'explorateur, invoquer une erreur involontaire : même s'il avait perdu sa boussole chez les Illinois, il était trop bon observateur - il l'avait déjà prouvé - pour se tromper à ce point sur le cours général du Mississippi. . Pierre Le Moyne* d'Iberville notera plus tard : « M. de La Salle, quoiqu'un homme qui passait pour être intelligent, a marqué la partie inférieure du Mississippi, sur la carte qu'il a faite, avec 273 degrés . . . Je crois que cela vient du fort désir qu'il avait de se voir près des mines du Nouveau-Mexique, et d'amener ainsi la cour à établir dans ce pays des établissements qui ne pouvaient être que très rentables par la suite » (Découvertes et établissements des Français (Margri)).

Par ailleurs, cette fois à l'insu de Bernou, quatre mémoires rédigés par La Salle, ou par Renaudot, ou par un de leurs disciples, furent adressés à la cour au début de 1684. Ils montraient comment le projet de La Salle et le projet Bernou-Peñalossa plan pourrait être harmonisé, pour le plus grand avantage de la France. Cette thèse était étayée par des mensonges éhontés et des exagérations sauvages. Parmi eux, pour titiller le ministre, les mémoires n'hésitent pas à dire - bien que l'explorateur, mieux que personne, connaisse les troncs d'arbres pétrifiés qui obstruaient le delta de Colbert - que « le fleuve qu'il a découvert est un excellent port, qui les grands navires peuvent remonter à plus de 100 lieues à l'intérieur des terres, et les petits bateaux à plus de 500. Ils déclarèrent en outre que, pour attaquer les Espagnols, La Salle pourrait facilement recruter une armée de 15 000 Indiens, dont il disposait déjà de 4 000 autour du fort Saint-Louis-des-Illinois. Enfin ils ont localisé l'endroit où le découvreur prétendait pouvoir fonder un établissement : le confluent de la rivière Rouge et du Mississippi, c'est-à-dire dans une zone couverte de marais.

Peu attentif, semble-t-il, au caractère chimérique du plan qui lui est soumis, Seignelay s'est laissé séduire. Et le 10 avril 1684, tandis que M. Tronson, parlant de La Salle, écrivait à Dollier de Casson : « Le roi l'a écouté, l'a bien reçu et lui a donné satisfaction », Louis XIV ordonna à La Barre de restituer le fort Frontenac à La Salle par l'intermédiaire de La Forest. Quatre jours plus tard, le roi accorde à La Salle une commission de commandement sur tout le territoire compris entre le fort Saint-Louis-des-Illinois et la Nouvelle-Biscaye. Louis XIV lui donna aussi, entre autres, 100 soldats entretenus aux frais du roi et commandés par 8 officiers et sous-officiers, un navire de guerre transportant 36 canons et un équipage d'environ 70, appelé le Joly, en plus de Belle, une barque de 60 tonnes armée de 4 petits canons. Le convoi devait être complété par le Aimable, une flûte de 180 tonnes aménagée par un marchand de La Rochelle, et le Saint-François, un petit ketch en partie équipé par l'intendant de Rochefort.

Dès les premiers préparatifs de cette expédition qui était vouée à l'échec le plus lamentable, des difficultés surgirent. Le malentendu entre La Salle et Taneguy Le Gallois de Beaujeu, choisi par le roi pour commander le Joly. Les deux hommes étaient sûrs de s'offenser : un gentilhomme de vieille souche et un roturier récemment anobli n'avaient guère de chances de fraterniser. Plus que cela, les frictions étaient inévitables entre un militaire habitué au commandement – ​​un marin à la tête dure formé à la navigation en haute mer – et un civil inexpérimenté, dominateur et chimérique. Enfin, pour ajouter à la méfiance de La Salle envers son collègue, Mme de Beaujeu avait un confesseur jésuite !

La Salle et Beaujeu entrent donc en conflit sur chaque point de l'organisation de l'entreprise : la durée estimée du voyage, le choix et la quantité des vivres, l'arrimage, le nombre de passagers, et surtout l'autorité et les prérogatives respectives du deux chefs de l'expédition. La Salle, comme on peut bien l'imaginer, s'était assuré le contrôle suprême de toute l'affaire. Mais lorsque l'explorateur prétendit avoir droit à l'obéissance des soldats du roi non seulement sur terre, mais aussi en mer, le capitaine protesta. Ce dernier a vu son rôle réduit à rien de plus que de diriger la conduite du navire. Les exigences de La Salle, selon Beaujeu, créèrent « une grande agitation à Rochefort parmi les officiers, chacun disant qu'un passager n'avait jamais prétendu avoir prétendu commander sur un navire ». De plus, il n'a pas hésité à ajouter : « Il y en a très peu qui ne croient pas qu'il est fou. J'en ai parlé à des gens qui le connaissent depuis 20 ans. Tout le monde dit qu'il a toujours été en quelque sorte un visionnaire.

Le refus obstiné de La Salle de révéler à Beaujeu la destination du voyage ne pouvait aussi servir qu'à aggraver la situation. En plus d'être blessé dans son orgueil, le capitaine était furieux car il ne savait pas quels pilotes choisir. Pendant ce temps, les responsables du recrutement des soldats et des travailleurs sous contrat enrôlaient toute sorte de lambeaux ou de jeunes lames prêts à embarquer. Les préparatifs s'éternisèrent et La Salle devint hésitant, irrésolu et irritable. L'angoisse s'emparait probablement de lui, car il voyait de plus en plus clairement l'ampleur démesurée de l'utopie que Versailles, à sa propre demande, lui envoyait créer. Le 2 août 1684, Beaujeu résumait ainsi la situation : « Je vais dans un pays inconnu chercher quelque chose de presque aussi difficile à trouver que la pierre philosophale, tard dans la saison, chargée au-dessus de la ligne de flottaison, et d'un irritable homme."

Au moment où le capitaine s'exprimait de manière si désabusée, l'expédition était déjà en mer depuis neuf jours. Le convoi transportait au moins 320 personnes, parmi lesquelles, outre les 100 soldats commandés par 5 officiers et la quarantaine d'ouvriers et serviteurs sous contrat, se trouvaient 6 missionnaires, dont les Sulpiciens d'Esmanville et Jean Cavelier*, frère de La Salle, et les Récollets Membré et Anastase Douay. L'ingénieur Minet, 9 volontaires (dont Henri Joutel, un bourgeois de Rouen, auteur du récit principal de l'expédition, et bras droit de La Salle), environ 8 marchands, et même quelques femmes et enfants. Par l'erreur de La Salle, le Joly, qui était prévu pour un équipage de 125 personnes, comptait 240 personnes à bord, sans parler des marchandises entre les ponts, qui « occupaient les quartiers des soldats et des marins », les obligeant « à passer tout le voyage sur le pont supérieur, au soleil le jour et à la pluie la nuit.

Le beaupré du navire s'étant rompu le deuxième jour de sortie, ils ont dû regagner l'île d'Aix pour ne reprendre la mer que le 1er août. Une semaine plus tard, la flottille contourne le cap Finisterre (au nord-ouest de l'Espagne). Puis, le 20, il arriva au large de Madère, où Beaujeu proposa de s'arrêter et de prendre l'eau. La Salle refusa, ce qui entraîna une nouvelle détérioration de ses relations avec le commandant. Le 6 septembre, ils franchissent le tropique du Cancer. La Salle, qui de toute évidence se prenait très au sérieux, s'opposait à la traditionnelle cérémonie burlesque de l'esquive au passage de la ligne. — Assurément, avoua Joutel, les matelots nous auraient tous volontiers tués. . . . "

Pendant ce temps, l'encombrement inhabituel à bord du Joly, la chaleur, la vitesse lente, et le manque d'eau potable ne tardèrent pas à faire leur effet. Une cinquantaine de personnes, dont La Salle, tombèrent malades. Il fut donc décidé, le 18, de gagner Saint-Domingue au plus vite. Cependant, au lieu de s'arrêter à Port-de-Paix, comme convenu, Beaujeu, pensant peut-être profiter d'un vent favorable, se dirigea vers le Petit-Goâve (maintenant en Haïti) qu'il n'atteignit hélas que dix jours plus tard. Peu de temps après l'atterrissage, le découvreur a été frappé d'une violente attaque de fièvre et a déliré pendant sept jours. "M. de La Salle, note Minet dans son journal, croyait que tous ceux qu'il voyait venaient lui demander des comptes, disant qu'il avait trompé M. de Seignelay. Dès qu'il fut rétabli, il partit à la recherche d'argent – ​​ses poches étaient toujours vides – et de vivres, et s'entretint avec les fonctionnaires du gouvernement des Antilles qui venaient à sa rencontre. Le 2 octobre, le Aimable et le Belle, qui était continuellement à la traîne, est finalement arrivé. Les Saint-François, cependant, un navire encore plus lent, n'apparut pas. Le 20 octobre, les craintes se confirment : le ketch, qui transporte la majeure partie des vivres et du ravitaillement de l'expédition, est capturé par les Espagnols. C'était une lourde perte, dont La Salle imputait la responsabilité à Beaujeu. Cependant, le gouverneur de l'île de la Tortue ayant proposé son aide à l'explorateur, ce dernier a pu accélérer ses préparatifs de départ. Il avait hâte de lever l'ancre, car les désertions se multipliaient parmi ses hommes. Déterminé à protéger au moins ses propres biens, La Salle monta cette fois à bord de la flûte Aimable.

Ils ont démarré dans la nuit du 25 novembre. En longeant la côte sud de Cuba, la flottille a atteint l'entrée du golfe du Mexique vers la mi-décembre. Les 27 et 28 de ce mois, ils ont remarqué la couleur blanche de la mer, et les sondages ont révélé un fond marin de « sable fin, grisâtre et boueux » : ce sont des caractéristiques du delta du Mississippi, encore visibles aujourd'hui jusqu'à environ 12 milles des côtes du golfe, qui nulle part ailleurs ne présente ces particularités. Pour une fois, il semblait qu'une bonne étoile avait bien guidé La Salle droit vers l'objectif. Mais ce n'était pas le cas. L'explorateur ne savait pas où il était : il était assez facile, à cette époque, de calculer correctement la latitude, mais pas de calculer la longitude. De plus, les cartes marines de la région étaient toutes plus ou moins imprécises, et La Salle s'était trompé de deux degrés en prenant la latitude de l'embouchure du Mississippi en 1682. L'explorateur se trompa donc encore une fois dans ses calculs. , et, pensant s'être embarqué dans les courants du Gulf Stream dont « plusieurs savants parisiens » lui avaient donné une idée exagérée, il en conclut qu'il avait dérivé à 300 milles vers l'est, jusqu'à la baie d'Apalachee. Néanmoins, La Salle, le 1er janvier, alors qu'il était à moins de quinze lieues du Mississippi, se demanda un instant s'il n'était pas arrivé dans les environs du cap Escondito, par lequel les embouchures du Mississippi ont été marquées sur des cartes du XVIIe siècle. Malheureusement, plutôt que de suivre son intuition, il préféra se fier à quelques journaux de bord de navigateurs espagnols qui le confirmèrent dans son erreur de dérive vers l'est.

Alors ils tournèrent la proue vers l'ouest, à la recherche de l'hypothétique Baie du Saint-Esprit, à l'ouest de laquelle le découvreur espérait retrouver sa rivière. Dans la nuit du 3 au 4 janvier 1685, malgré le brouillard, La Salle donne le signal du départ. Beaujeu, qui était ancré plus au large, n'a apparemment pas compris, ou n'a pas voulu comprendre, et les autres navires ont perdu de vue le Joly. La Salle n'a apparemment pas trop donné à Beaujeu l'occasion de le rattraper. En fait, il a navigué pendant 19 heures consécutives dans le brouillard, puis a jeté l'ancre aux endroits où le Joly ne pouvait pas s'aventurer. Le 6 janvier, le Aimable et le Belle atteint « une sorte de baie » (probablement celle d'Atchafalaya), qui à cause de ses récifs et bancs de sable ne pouvait, selon La Salle, être la baie du Saint-Esprit. Ils ont navigué, longeant les côtes du Texas. Mais vers le dix-huitième, le coude de la côte vers le sud fit croire à La Salle qu'ils avaient en effet largement dépassé le delta du Mississippi. Ils se retournèrent, et le lendemain matin le Joly finalement rattrapé les deux autres navires, qui étaient à l'ancre à la pointe sud-ouest de l'île de Matagorda. Beaujeu et La Salle ne perdirent pas une si admirable occasion de se quereller, avec des accusations mutuelles de désertion. Puis ils passèrent plusieurs jours à chasser et à explorer la côte, sans parvenir à acquérir la moindre certitude quant à l'endroit exact où ils avaient débarqué. La Salle est perplexe, mais essaie néanmoins de se convaincre qu'il est arrivé à l'embouchure d'un des « débouchés » du Mississippi.

L'explorateur têtu reprit sa quête inlassable. Cette fois, il change de tactique : les soldats doivent s'éloigner par terre, toujours vers l'est, et la flottille doit les suivre au large, à vitesse réduite, afin de les aider si nécessaire. Le 14 février 1685, ils se retrouvent tous au large de la baie de Matagorda, à laquelle La Salle donnera plus tard le nom de Saint-Louis. Un îlot et des récifs entre l'île et la péninsule de Matagorda rendaient l'accès à la baie particulièrement difficile. Cependant, le lendemain, rapporte Joutel, « M. de La Salle, qui débarqua. . . examiné l'entrée de ladite rivière ou baie. Il l'a trouvé très bien, et après avoir tout considéré, il a décidé d'apporter le Belle et le Aimable de cette façon, espérant comme il l'a fait que ce pourrait être un bras de sa rivière. Un chenal a donc été sondé et balisé par des bouées, et le Belle négocié avec succès. Mais le Aimable, soit à cause de la témérité de La Salle, soit à cause d'une erreur du pilote, s'échoua désastreusement, déversant à la mer sa cargaison de vivres, de munitions, de matériaux et de marchandises, dont seule une petite partie fut récupérée. Les Indiens locaux ont essayé de profiter du naufrage. En retour, certains Français ont volé un certain nombre de leurs canoës. Des combats éclatent : deux personnes sont tuées et deux blessées, dont le neveu de La Salle, Crevel de Moranget. La situation se détériorait. Mais ce n'était que le début.

A la mi-mars, Beaujeu, dont la tâche était achevée, rentra en France, emmenant avec lui quelques membres de l'expédition qui abandonnaient la cause.Pour se protéger contre les Indiens, ceux qui sont restés ont commencé à construire un fort à partir de l'épave du Aimable. Le 24, La Salle part avec une cinquantaine de personnes pour reconnaître les environs, mais réussit à ne trouver aucune trace de sa rivière. Comme la maladie et la mort faisaient des ravages au premier camp à cause de l'insalubrité de la localité, La Salle en installa un autre légèrement au nord-ouest de la baie de Matagorda, ce site était tout aussi mal choisi du point de vue sanitaire. La construction du fort Saint-Louis, commencée en mai 1685 sur la rive droite de la rivière aux Bœufs (Lavaca), va coûter la vie à plusieurs hommes. Comme le dit Joutel, « Ce labeur excessif la maigre nourriture des ouvriers, qui était très fréquemment mise à quai parce qu'ils n'avaient pas rempli leur devoir. les gens durement, souvent au mauvais moment : tout cela a attristé beaucoup, dont l'esprit a visiblement décliné.

A la veille de la Toussaint, La Salle part en pirogue pour descendre le fleuve jusqu'à la baie de Matagorda, où il veut examiner minutieusement les criques, toujours avec l'espoir fou de trouver un bras du Mississippi. A la mi-janvier 1686, Joutel, qui commandait au fort Saint-Louis, vit revenir un personnage solitaire : c'était l'un des hommes que l'explorateur avait emmenés avec lui. Pierre Duhaut, contraint de s'arrêter pour réparer ses chaussures de fortune, s'était égaré et avait failli périr à cause de Moranget, qui, sommé ce jour-là de fermer la marche, avait refusé de l'attendre. Le neveu de La Salle paiera cher plus tard son insensibilité.

Quant à l'explorateur lui-même, il revient au fort fin mars les mains vides, sans ses six meilleurs hommes, tués par les Indiens. L'écorce manquait. La Salle craignait beaucoup que le Belle avait disparu pour de bon, quelque part dans la baie, où il suivait du large ses déplacements le long de la côte. Ce nouveau malheur diminua sérieusement la liberté d'action de La Salle et les chances de survie de la petite colonie. Le dernier recours était d'essayer de découvrir le Mississippi par voie terrestre, afin d'aller chercher de l'aide au fort Saint-Louis-des-Illinois. La Salle est parti fin avril avec une vingtaine de compagnons, dont son frère et le Père Douay. Trois jours plus tard, Joutel recueille au fort de la Rivière aux Bœufs les cinq rescapés du naufrage du Belle, que son pilote s'était échoué alors qu'il était ivre. Les hommes sauvés ont apporté avec eux les vêtements et les papiers de La Salle qu'ils avaient sauvés.

Pendant ce temps, l'explorateur se dirigeait vers le nord-est, traversant de nombreuses rivières qu'il nomma au passage : la Princesse, la Mignonne, la Sablonnière, la Maligne et la rivière des Malheurs. Dominique Duhaut, ainsi que trois ou quatre autres camarades, durent bientôt abandonner et furent renvoyés au fort. En chemin, ils se sont perdus. L'aîné des deux frères Duhaut ne pardonnera jamais à La Salle la mort de son frère cadet.

Le reste du groupe arriva parmi les Indiens Cenis. Là, ils ont obtenu cinq chevaux. Puis, jugeant le nombre de sa troupe – désormais huit personnes – trop réduit pour continuer, La Salle revint sur ses pas. De retour au fort Saint-Louis, il est couché en octobre par une hernie douloureuse.

Lorsqu'il fut guéri, La Salle recommença à préparer le départ. Cette fois Joutel devait suivre son chef. Le 12 janvier 1687, ils partirent à pied, au nombre de 17, pour se diriger vers le pays des Illinois avec les 25 personnes – dont 7 de sexe féminin – laissées à l'habitation, c'était tout ce qui restait des quelque 180 malheureux qui s'étaient établis au Texas deux ans plus tôt. Ce n'était certainement pas un voyage d'agrément qu'ils entreprenaient. Des pluies torrentielles ont inondé la campagne, rendant les chemins inutilisables et le camping dans des abris particulièrement pénibles. Les cours d'eau gonflés étaient très difficiles à traverser à gué, sans compter que les hommes, déjà surchargés, devaient soulager les chevaux des bagages personnels des frères Cavelier, qui avaient accaparé les bêtes. Le curé seul leur fit porter, entre autres, « plusieurs ornements d'église, voire une douzaine d'habits. . . dont on aurait bien pu se passer », remarque Joutel. Mais, ajouta-t-il avec exaspération, La Salle et le sulpicien « n'en avaient pas l'inconvénient, et cela ne signifiait rien pour eux ». De plus, les forêts denses qui les entouraient se sont avérées exceptionnellement inhospitalières. Ils n'en avançaient pas moins, traversant de nombreux villages indiens dont La Salle s'approchait maintenant avec tact, sachant trop combien avait été le prix, en morts et en vaines errances, de ses mauvaises relations avec les tribus texanes. Les Indiens, conquis, se montrèrent bien disposés et donnèrent des renseignements utiles sur le pays et ses habitants. A la mi-mars, la troupe se trouvait dans le voisinage des Indiens Cenis. Le quatorze, ils traversèrent la rivière Trinity, appelée par La Salle la rivière aux Canots.

Le lendemain, alors qu'ils campaient à deux lieues de la rive gauche, La Salle envoya son domestique et son fidèle Nika, un chasseur shawnee, accompagné de Pierre Duhaut, le chirurgien de ce dernier, et de trois ou quatre autres, déterrer des provisions que le l'explorateur avait enterré un peu plus loin, lors de son dernier voyage. Le dix-sept, Moranget et deux compagnons allèrent à leur rencontre avec des chevaux, pour rapporter la viande du bison abattu par Nika. Dès son arrivée, le neveu de La Salle se mit en colère contre les hommes et réclama la chair du bison, qu'ils avaient fumée et dont ils s'étaient réservé les os à moelle. Cela a vraiment dépassé toutes les limites. Duhaut et son chirurgien nourrissaient depuis longtemps un ressentiment persistant contre Moranget, qui avait auparavant abandonné le premier au milieu de la forêt, et avait remercié brutalement le second des soins attentifs qu'il avait prodigués à ses blessures à l'époque où les pirogues indiennes ont été volés. Un complot est donc monté et, dans la nuit, le chirurgien, assisté de quatre complices, tue à coups de hache Moranget, Nika et le domestique de La Salle, qui dormaient côte à côte.

Au matin du 19 mars 1687, La Salle, averti par de sombres pressentiments, accourut avec le père Douay sur les lieux du crime. Les meurtriers en avaient tout autant contre leur chef. Duhaut en particulier, qui en plus d'être son créancier lui reprochait la disparition de son frère Dominique, n'avait aucune envie de laisser La Salle dénoncer le triple assassinat. Tandis que l'explorateur approchait, le marchand attendait, tapi dans les hautes herbes avec son mousquet. La Salle s'enquiert du sort de son neveu. Le domestique de Duhaut répondit avec impudence que la victime dérivait quelque part sur un ruisseau voisin. D'un geste de colère soudain, La Salle se tourna vers le grivois. Un coup de feu retentit. Le découvreur s'est effondré, mort, avec une balle dans la tête. Les « fous » ont insulté le cadavre, et, le qualifiant de « grand bacha », ils l'ont dépouillé et l'ont laissé nu dans un fourré, pour être dévoré par les animaux sauvages. Puis ils s'emparèrent des biens de La Salle, dont son célèbre manteau écarlate, qui avait survécu à tous les naufrages. Quelque temps plus tard, sentant la menace d'une justice imminente, les conjurés, tous sauf deux, finirent par s'entretuer.

Quant au reste de la troupe, ils atteignirent le fort Saint-Louis-des-Illinois le 14 septembre suivant, et Montréal le 13 juillet 1688. Pendant tout ce temps, la fin tragique de La Salle fut tenue secrète à la demande de l'abbé Cavelier, qui, soucieux de récupérer les fourrures dues à son frère, ne révéla sa mort que quelques semaines après son retour en France, le 9 octobre 1688. Le cupide Sulpicien, toujours par intérêt personnel, rédigea ensuite un récit de son voyage dans le golfe du Mexique, bourré de mensonges qui devaient tromper plusieurs générations d'historiens.

Ainsi se termina, paradoxalement dans le sang, la boue et le silence, une vie consacrée à la poursuite effrénée de la gloire. Cependant, l'histoire devait à nouveau invoquer cet homme, René-Robert Cavelier de La Salle, pour le présenter tantôt comme un héros digne d'inspirer une fête nationale, tantôt comme un simple cas de psychanalyse. « Tel est le sort de ces hommes, remarquait très justement Charlevoix*, qu'un mélange de grands défauts et de grandes vertus élève au-dessus de la sphère commune. Leurs passions les font se tromper et bien qu'ils fassent ce que les autres ne pourraient pas faire, leurs entreprises ne sont pas du goût de tout le monde leurs succès suscitent la jalousie de ceux qui restent dans l'obscurité ils font du bien aux uns, et du mal aux autres ces derniers se vengent en les discréditant démesurément, les premiers exagèrent leur valeur. D'où les portraits très différents qui en sont faits, dont aucun n'est ressemblant.

Peu de personnages historiques sont plus difficiles à juger que La Salle. Le mérite d'avoir découvert les 700 derniers milles du cours inférieur du Mississippi lui appartient certes, mais il est entaché par l'échec du Texas, dont il est en grande partie responsable. Il eut la haute audace de concevoir de vastes projets d'extension du royaume de France, mais son esprit idéaliste l'empêcha de voir les dimensions exagérées de ses rêves, et le conduisit à prendre ses désirs pour des réalités.

Encore une fois, il faut admettre qu'au cours de ses explorations, il a fait preuve d'une force, d'une ténacité et d'un courage presque surhumains. Pourtant quelle énergie gaspillée, par son manque d'organisation, par ses perpétuels va-et-vient dans les régions des Grands Lacs et de l'Illinois ! On pourrait facilement affirmer, aussi, qu'il était atteint d'une manie de persécution, mais sa mort affreuse montre qu'il n'était pas après tout complètement égaré dans ses soupçons. Enfin, si sa nature austère et solitaire lui a fait choisir la vie des bois, comme il l'écrit lui-même, cela ne l'a pas empêché, hélas, et à son très grand détriment, de se mêler des intrigues de Versailles et de celles créées par le rivalité entre jésuites et récollets.

Il apparaîtra qu'une étude définitive de la vie et de l'œuvre de Cavelier de La Salle reste à faire.

Parmi les nombreux mss et sources imprimées sur La Salle, les suivantes sont répertoriées : AN, Col., B, 3-8, 10-13, C 11A , C 13C , 3 Marine, B 2 , 50-52, 55, 58, 66, 104, B 4 , 9, 10 Archives du Service hydrographique de la marine, carton 67 1 , nos. 15, 16 115–19, no. 12. BN, ms , Clairambault 1016 ms , NAF 7497 (Renaudot), 21330, 21331 (Arnoul), 9288–94, 9300, 9301 (Margry).

[René de Bréhant de Galinée], Voyage de MM. Dollier & Galinée (SHM Mémoires, VI, Montréal, 1875) cette édition incomplète ne vaut pas la peine d'être consultée, sauf pour les notes de l'abbé H. A. Verreau mieux vaut « Voyage de Cavelier de La Salle avec les Sulpiciens Dollier de Casson et Brehan de Gallinée » dans Découvertes et établissements des Français (Margry), I, 101-66. Voir également l'édition français-anglais de James H. Coyne, “. . . Exploration des Grands Lacs 1669-1670 . . . " en Ont. Hist. Soc. Papiers et registres, IV (1903). Caron, « Inventaire de documents », APQ Rapport, 1939-1940, 221–25. [Jean Cavelier], Le journal de Jean Cavelier : le récit d'un rescapé de l'expédition de La Salle au Texas, 1684-1688, tr. et annoté par Jean Delanglez (Chicago, 1938) cet ouvrage contient une analyse critique extrêmement importante des sources concernant La Salle, qui éclairent, outre le récit de La Salle, celles de Douay et du pseudo-Tonty (infra). « Correspondance de Frontenac (1672-1682) », APQ Rapport, 1926-1927. « Correspondance de Talon », ibid., 1930-1931. Découvertes et établissements des Français (Margry), I-III la plus grande collection de sources imprimées, dans laquelle, cependant, la transcription n'est pas toujours très fidèle aux originaux. Louis Hennepin, Description de la Louisiane . . . (Paris, 1683) Nouvelle découverte d'un très grand pays dans l'Amérique entre le Nouveau Mexique, et la mer glaciale . . . (Utrecht, 1697) Nouveau voyage d'un païs plus grand que l'Europe, avec les réflexions des entreprises du Sieur de La Salle . . . (Utrecht, 1698) sources souvent peu fiables. JR (Thwaites). [Henri Joutel], Journal historique du dernier voyage que feu M. de la Sale fit dans le Golfe de Mexique . . . Où l'on voit l'histoire tragique de sa mort, & plusieurs choses curieuses du nouveau monde . . . , éd. De Michel (Paris, 1713). Cruche. et délib. Le Clercq, Premier établissement de la foi (Karité) Premier établissement de la Foy, chap. XXI-XXV chap. XII et XXIII contiennent la « Relation » de Membré et chap. XXV celui de Douay. NYCD (O'Callaghan et Fernow), IX. Perrot, Mémoire (Tailhan). « Le procès de l'abbé de Fénelon devant le Conseil de la Nouvelle-France en 1674 », APQ Rapport, 1921-22, 124–88. Raymond Thomassy, Géologie pratique de la Louisiane (Nouvelle-Orléans et Paris, 1860), 9-16, App. A et B est ici donné, entre autres récits, le procès-verbal (attribué à Membré) des explorations de La Salle en 1682. [Henri de Tonti], Dernières découvertes dans l'Amérique septentrionale de M. de la Vente . . . (Paris, 1697) récit apocryphe.

Charlevoix, Histoire. P. Chesnel, Histoire de Cavelier de La salle, exploration et conquête du bassin du Mississipi . . . (Paris, 1901). Delangez, Jolliet Quelques voyages de La Salle (Chicago, 1938) monographies de la plus haute importance. Faillon, Histoire de la colonie française, III, 228 sq., 286-314, 353 sq., 472-77, 495-514. Désiré Girouard, Les anciens forts de Lachine et Cavelier de La Salle (Montréal, 1891) . Gabriel Gravier, Cavelier de La Salle de Rouen (Paris, 1871), qui fournit une bibliographie très utile Découvertes et établissements de Cavelier de La Salle, de Rouen, dans l'Amérique du Nord . . . (Paris, 1870). Lionel Groulx, Notre grande aventure : l'empire français en Amérique du Nord ( 1535–1760 ) (Montréal et Paris (1958)), 111-37, 193-98. Marion Habig, Le Franciscain Père Marquette : une biographie critique du Père Zénobe Membré . . . Études franciscaines, XIII, New York, 1934). Gérard Malchelosse, « La Salle et le fort Saint-Joseph des Miamis », Cahiers des Dix , XXII (1957), 83-103. Nu, Césars du désert , 157–59, 201, et passim . Parkman, La Salle et la découverte du grand ouest (12e éd.). Rochemonteix, Les Jésuites et la Nouvelle-France au XVII e siècle , III, 40-80, 162-64 meilleure source pour les années couvrant la vie religieuse de La Salle. John G. Shea, L'éclatement de la bulle La Salle de Pierre Margry (New-York, 1879). Sulte, Mélanges historiques (Malchelosse), X, 66-89 « La mort de Cavelier de La Salle », RSCT , 2e sé., IV (1898), sect. je , 3-31. Roger Viau, Cavelier de La Salle (s.l., 1960). Marc de Villiers du Terrage, La découverte du Missouri et l'histoire du fort d'Orléans, 1673-1738 (Paris, 1925) L'expédition de Cavelier de la Salle dans le golfe du Mexique, 1684-1687 (Paris, 1931) : sources essentielles.

Remarques

Cette biographie a d'abord été publiée avec des termes qui étaient considérés comme appropriés à l'époque et sont maintenant considérés comme offensants. Ces termes ont été modifiés.


Sisällysluettelo

René-Robert Cavalier syntyi Rouenissa 21. marraskuuta 1643 tukkuvaatekauppias Jean Cavalier'n ja tämän vaimon Catherine Geestin toisena poikana. Perhe kuului Ranskan maakuntien rikkaaseen porvaristoon. Pojan myöhemmin ottama sukunimi La Salle tuli maatilasta, jonka hänen vanhempansa omistivat Rouenin läheisyydessä. Cavalier't asuivat vain muutaman minuutin kävelymatkan päässä Pierre Corneillesta, josta tuli merkittävä ranskalainen näytelmäkirjailija. Nuori Robert oli mieltynyt tieteisiin ja luonnossa liikkumiseen ja kävi Pierre Corneillen tavoin jesuittakouluja. Käytyään jesuiittaopistoa vuoteen 1658 Robert siirtyi Pariisiin, jossa hän aloitti kilvoituselämänsä novisina eräässä jesuiittojen veljeskunnassa. Uskonlupauksensa Robert teki vuonna 1660. [1]

Mielen rauhattomuus vaikeutti Robertin opintoja, ja välillä hän tunsi voimakasta halua vaihtaa ympäristöä. Hänen oli vaikeaa sopeutua sääntöihin, eikä hänen mielipiteitään arvostettu. Vuonna 1665 22-vuotias Robert pyysi kahdesti, että hänet lähetettäisiin jonnekin lähetysasemalle. Häntä ei katsottu kuitenkaan riittävän valmiiksi. Robertin teologinen koulutus oli kesken ja uskonnollinen valmistautuminen riittämätön. Hän anoi 1666 siirtoa Portugaliin, jossa voisi valmistautua lähetysasema-apostoliksi. Tämäkin pyyntö evättiin. [1]

Uudelle manterelle Muokkaa

Vuoden 1666 aikana Robert purjehti siirtolaisena Kanadaan, jonka hän katsoi tarjoavan itselleen otolliset puitteet rakentaa tulevaisuutta. Hänen vanhempi veljensä Jean, joka oli St. Sulpicen kirkon ympärille kasvaneen Pyhän Sulpiciuksen seuran pappi, oli saapunut Uuteen Ranskaan vuotta aiemmin. Vanhan jesuiittalupauksensa vuoksi ilman isänsä perintöä jäänyt Robert oli lähes rahaton saapuessaan uudelle mantereelle. Vuonna 1667 hän luopui jesuiittaveljeskunnan jäsenyydestä ”moraalisten heikkouksien” vuoksi, eikä hän ollut ehtinyt tehdä vielä lopullista luostarilupausta. [1]

Uuden Ranskan maanjakojärjestelmän mukaisesti Robert sai läänityksen (seigneurie) läheltä Montrealia. Samalla René Robert Cavelier'sta tuli La Salle. Hän oli innokas tutustuman uuteen ympäristöön ja ystävystyi mohawkien kanssa, joilta hän oppi vähän irokeesien kieltä. Kuunnellessaan intiaanien tarinoita mantereen suuresta jokiverkostosta La Sallen kiinnostui Ohiojoesta, jolta voisi löytyä vesitie länsirannikolle ja meren yli Kiinaan. [1] Vuonna 1669 La Salle myi läänityksensä rahoittaakseen tutkimusmatkansa Ohiolaaksoon. Samana vuonna aloitettu matka ylettyi todennäköisesti nykyiseen Louisvilleen, jossa putoukset estivät taivalluksen jatkumisen. Retkeä käsittelevää aineistoa ei kuitenkaan ole löytynyt, joten matkasta ei ole luotettavaa tietoa.[2]

Vuosien 1674 ja 1678 välisenä aikana La Sallen tieetään käyneen kahdesti kotimaassaan. Hän kertoi tulevaisuuden suunnitelmistaan ​​kuningas Ludvig XIV:lle ja pyysi lupaa linnakkeiden perustamiden Suurille järville ja Mississippijoen varrelle ja Ranskan talouteen perustuvan hallinnon luomisen läpi mantereen. [3]

Vuonna 1679 La Salle apulaisineen rakensi Le Griffonin, josta tuli ensimmäinen eurooppalainen laiva Suurilla järvillä. Alus teki elokuussa 1679 neitsytmatkansa Eriejärvellä ja purjehti 16 miehen voimin Niagarajoelta nykyiseen Detroitiin. Alus oli tarkoitettu tutkimusmatkojen ohella tavarakuljetuksiin, sillä La Salle oli kiinnostunut myös turkiskaupasta. Laivan elinaika jäi lyhyeksi, sillä syyskuun lopulla 1679 se katosi jäljettömiin. Yleisin uskomus oli, että myrsky upotti aluksen, mutta myös intiaaneja epäiltiin osallisuudesta laivan tuhoon. La Sallelle Le Griffonin menetys oli suuri isku, sillä hän oli suunnitellut aluksen liikkuvaksi tukikohdakseen. [4]

Tutkimusmatka Meksikonlahdelle Muokkaa

Vuonna 1680 La Salle perusti kiinteäksi tukikohdakseen Fort Crevecoeurin, josta tuli samalla nykyisen Illinoisin ensimmäinen valkoinen sivilisaatio. Linnakkeen edustalla rakennettiin uusi laiva, jolla La Salle aikoi purjehtia Mississippijokea pitkin Meksikonlahdelle ja jopa Länsi-Intiaan. Laiva ei ehtinyt vesille, sillä linnakkeeseen hyökänneet irokeesit polttivat sen. [5] La Salle ei kuitenkaan luopunut unelmastaan ​​tehdä tutkimusmatkan etelään. Syksyllä 1681 hän johti kanootein liikkuvaa retkikuntaa, johon kuului hänen lisäkseen luutnantti Henri Tonti ja 21 muuta ranskalaista sekä joitakin kymmeniä mahican- ja abenaki-intiaaneja. [3]

Retkikunta käytti alkeellista intiaanikarttaa ja liikkui kanootein Mississippijoelle. Maaliskuussa 1682 miehet saapuivat Arkansasjoelle, joka oli vuonna 1673 tehdyn tutkimusmatkan eteläinen raja. Tuolloin matkaa olivat johtaneet Jacques Marquette ja Louis Jolliet. La Salle seurueineen vieraili paikallisten intiaanien luona ja solmi hyvät suhteet kylien päälliköihin. Samalla hän otti Ludvig XIV:n nimissä maat Ranskan haltuun. [5]

Matkalla Arkansasjoelta Meksikonlahdelle ranskalaiset meloivat läpi noin 300 kilometrin pituisen alueen, jossa he eivät nähneet ainuttakaan intiaanikylää. Koko laaja alue oli autioitunut, sillä 140 vuotta aiemmin Hernando de Soto oli löytänyt samalta alueelta kymmenittäin kukoistavia kaupunkeja. [6] De Soton vierailun jälkeen sikäläisten intiaanien maailma oli romahtanut joko eurooppalaisten mukana tulleiden tautien tai jonkun muun katastrofin seurauksena. Intiaanien sijaan La Sallen retkikunta näki laumoittain biisoneita, jotka olivat tulleet laiduntamaan jokea reunustaville preerioille. [7]

Elokuun alussa 1682 retkikunta saapui Meksikonlahdelle ja teki lyhyen tutkimusretken Mississippijoen suistomaalle. Tämän jälkeen La Salle järjesti pienimuotoisen tilaisuuden, jossa suuri risti ja Ranskan lippu pystytettiin maaperään muskettien yhteislaukauksen juhlistaessa tapahtumaa. Toimitus liitti laajat alueet Meksikonlahdelta Missourijoen yläjuoksuille ja Alleghenyvuorilta Kalliovuorille Ranskan kruunun alaisiksi. [8]

Syksyllä 1682 retkikunta palasi takaisin Kanadaan. Vuotta myöhemmin La Salle matkusti Ranskaan, jossa kuninkaallinen komissio hyväksyi hänen suunnitelmansa lähettää siirtokunta Louisianan territorioon. [2] La Sallen tehtäviin kuului siirtokunnan johtamisen ohella kristinuskon levittäminen, intiaanien taivuttaminen myötämieliseksi Ranskan kruunulle, Uuden Espanjan valloittaminen ja luonnonrikkauksien kaivaminen. [9]

Siirtokunnan harhautuminen Muokkaa

La Salle ja noin 320 siirtolaista aloittivat heinäkuussa 1684 purjehduksensa kohti Meksikonlahtea. Miesmatkustajien joukossa oli 100 sotilasta, useita lähetyssaarnaajia, kauppiaita ja eri käsityöteollisuuden taitajia. Naisten joukosta löytyi perheenäitejä lapsineen sekä nuoria naisia, jotka halusivat kokeilla onneaan Amerikassa. [4] La Rochellesta lähteneeseen laivastoon kuului neljä alusta: 36-tykkinen sotalaiva Le Joly, La Sallen lippulaivana toiminut parkki La Belle ja kuljetusalukset Aimable oui Saint-François. [10] Erimielisyydet sekä huono onni seurasivat matkustajia koko retken ajan. La Salle ja merivoimien komentaja Beaujeu riitelivät päivittäin ja Santo Domingossa espanjalaiset merirosvoalukset sieppasivat St François'n. Siirtolaiset menettivät laivan mukana työkaluja ja muita tarvikkeita. [11]

Talvella 1684-1685 Kolme jäljellä ollutta laivaa harhautuivat kovassa sumussa 600 kilometriä ohi Mississippin suistosta. Alukset ankkuroituivat Matagordanlahdelle Texasin rannikolle nykyisen Houstonin ja Corpus Christin puoliväliin. [2] Aimable haaksirikkoutui lahdella, ja suurin osa sen lastista tuhoutui myrskyn seurauksena. [12]

Texasin rannikolla Muokkaa

La Salle uskoi tulleensa Mississippijoen suulle ja lähetti ryhmän sotilaita käymään kauppaa rannikon intiaanien kanssa. Miesten tarkoitus oli hankkia kanootteja, joiden avulla laivoissa olleet tarvikkeet voitaisiin kuljettaa maihin. Sotilaat löysivät kylän, joka kuului karankawa-intiaaneille. Paljastettuja aseita pelästyneet karankawat pakenivat kylästä. Sotilaat käyttivät tilanteen hyödykseen ja varastivat joitakin kanootteja ja eläinten taljoja. Karankawat tulkitsivat vieraiden käytöksen sodanjulistukseksi ja alkoivat pitää silmällä ranskalaisten toimia. [13]

Siirtolaiset rakennuttivat alkeellisen leirin lahden rannalle. Paikkaa ympäröivät vain matalat hiekkadyynit ja mereltä ajelehtineet puunrungot. Metsän puuttuminen teki leirin alttiiksi tuulelle. Lähellä riehuvat preeriapalot uhkasivat levitä rantaan, ja siirtolaiset joutuivat leikkaamaan kaiken heinän ympäriltään. Intiaanit piirittivät leiriä öisin, mutta eivät hyökänneet. La Sallen asettamat vartijat valvoivat erityisesti ruutitynnyreitä, joista suurin osa oli pelastettu haaksirikosta. Aimablen onnettomuudessa oli kuitenkin menetetty enin osa siirtolaisten matkatavaroista lähes kaikki lääkkeet, 60 barrelia viiniä, 1 600 tykinkuulaa, tuhansia kiloja rautaa ja lyijyä sekä ahjo ja mylly. [14]

Maaliskuussa 1685 laivaston komentaja Beaujeu lähti purjehtimaan Le Jolyllä takaisin Ranskaan. Hänen mukanaan palasi 120 siirtolaista, jotka olivat menettäneet uskonsa onnelliseen tulevaisuuteen Amerikassa. La Belle jäi Texasiin jääneiden ainoaksi alukseksi. [15] Myöhemmin samana keväänä siirtolaiset siirtyivät ylemmäksi sisämaahan ja aloittivat Fort St. Louis'n rakentamisen. Työn etenemistä hidastivat kuuma ilmanala, rakennusmateriaalin niukkuus ja osaamattomat puusepät. [16] Linnaketta rakennettaessa yhä useammat siirtolaiset alkoivat epäillä La Sallen taitoja johtaa siirtokuntaa. Myös Santo Domingista mukaan liittyneet miehet olivat La Sallea vastaan ​​ja tekivät parhaansa horjuttaakseen hänen arvovaltaansa. [17]

Linnoitus valmistui elokuussa 1685. Sen sijainti korkealla kalliolla Lavacajoen varrella tarjosi hyvät puolustusmahdollisuudet intiaanien, espanjalaisten ja merirosvojen hyökkäyksiä vastaan. [18] La Salle teki useita retkiä Lavacajoella ennen kuin uskoi, että kysymyksessä ei ollut Mississippijoen haarautuma. [19]

Fort St. Louis'n myötä siirtolaisten elämänlaatu parani. Joenvarsilla liikkuvien biisonien ansiosta heillä oli riittävästi ruokaa ja nahkatarvikkeita, mutta La Sallen epäoikeudenmukaisuus ja kovuus alaisiaan kohtaan aiheutti pahaa mieltä ja joitakin k retkikunan. Myös intiaanien hyökkäykset koettelivat siirtokuntaa. Kesän loppuun mennessä siirtolaiset olivat haudanneet yli 30 toveriaan, suurin osa sairauksiin menehtyneinä. [16]

La Bellen haaksirikko Muokkaa

Lokakuussa 1685 La Salle kokosi 50 miehen retkikunnan, joka aloitti kanootein tehtävän tutkimusmatkan kohti itää. La Bellen oli määrä purjehtia rantaviivaa myötäillen kauempana lahdella ja kuljettaa tarvikkeita Mississippijoen suulle. Laivan mukana seurasi 27 miehistön jäsentä. [20] Fort St. Louis'in jäi 34 siirtolaista, joista suurin osa oli naisia, lapsia ja pappeja. [21]

Jo alkumatkalla osa retkikunnasta sairastui syötyään suuret määrät opuntiakaktuksen hedelmiä. [22] Miesten toipuminen vei aikaa. Brazos- ja Sabinejoen välisellä alueella La Sallen miehet eksyivät kosteaan viidakkoon, jota texasilaiset kutsuvat « Suureksi tiheiköksi » (Grand fourré). Monet riidat viivästyttivät matkan etenemistä. Paikalliset intiaanit olivat pääasiassa hyvin vieraanvaraisia ​​ja kertoivat, että kaikki rannikon heimot vihasivat espanjalaisia. La Salle merkitsi vihkoonsa intiaanien käyttämiä sanoja ja käsimerkkejä. Vaellettuaan yli 200 kilometriä Louisianan nykyiselle rajalle retkikunta pystytti Sabinejoen rantaan pienen linnakkeen. Jatkuvien sateiden ja ammusten hupenemisen takia La Sallen määräsi kääntymään takaisin. Linnakkeeseen jäi joitakin miehiä, joiden kohtalosta ei ole tietoa. [23]

Palatessaan maaliskuussa 1686 Fort St. Louisiin La Salle kuuli, että La Belle oli haaksirikkoutunut kaukana lahdella ja suurin osa sen matkustajista hukkunut. Tämä oli kova isku siirtokunnalle, sillä laiva oli ollut heidän ainoa mahdollisuutensa palata Ranskaan. La Bellen mukana hautautui myös La Sallen unelma vauraasta ranskalaisesta siirtokunnasta. [24]

La Salle teki huhtikuussa 1686 uuden tutkimusmatkan, johon keräsi 20 miestä. Hän oli vaitelias aikomustensa suhteen, ja suurin osa linnakkeeseen jäävistä oli täysin tietämätön matkan laajuudesta. Jotkut uskoivat, että La Salle ei palaisi enää koskaan. Yleinen tyytymättömyys lisääntyi ja eräs siirtokunnan rahoitukseen osallistuneista kauppiaista lietsoi kapinahenkeä poissaolevaa La Sallea vastaan. Monien yllätykseksi retkikunta palasi takaisin. La Salle oli hankkinut viisi hevosta intiaaneilta, mutta menettänyt paluumatkan aikana yli puolet miehistään. Osa oli karannut, yksi joutunut alligaattorin saaliiksi ja loput eksyneet. [25] Matkan varrella La Salle oli nähnyt Meksikonlahdella useita espanjalaisia ​​sota-aluksia, jotka oli hälytetty etsimään ranskalaista retkikuntaa - ei ystävällisessä tarkoituksessa. [26]

La Sallen kuolema Muokkaa

Tammikuussa 1687 retkikunnasta oli jäljellä noin 45 jäsentä. [27] La ​​Salle keräsi ryhmästä mukaansa 17 miestä ja aloitti kohtalokkaan marssinsa halki Texasin. Heidän ainoa mahdollisuutensa selvitä oli löytää reitti Illinoisiin ja saada apua Uudelta Ranskalta. [28]

Naiset ja lapset jäivät kolmen papin ja pienen sotilasryhmän kanssa Fort St. Louis'in. Vaikeat sääolosuhteet tekivät La Sallen ryhmän matkasta työlään, ja vanhat erimielisyydet ja turhautumiset nousivat pintaan. Kaksi siirtokunnan varhaisista rahoittajista osoitti tyytymättömyytensä La Sallen rooliin retkikunnan johtajana ja kehitti salaliiton tätä vastaan. [29] Saatuaan muutaman retkikuntalaisen puolelleen kapinoitsijat järjestivät riidan biisoninlihan jakamisesta. Tämä johti maaliskuussa 1687 retkikunnan kolmen jäsenen murhaan Trinityjoen läheisyydessä. Surmatut olivat La Sallen serkku, hänen palvelijansa ja hänen intiaanimetsästäjänsä. Murhaajat eivät tyytyneet vielä tähän, sillä heidän päätavoitteensa oli toisaalle leiriytynyt retkikunnan johtaja. Tietämättömänä tapahtuneesta La Salle etsi ystäviään seuraavana aamuna ja joutui verityöntekijöiden yllättämäksi. Murhaajat avasivat tulen ja ampuivat La Sallea päähän kuolettavasti. [27] [30] Murhan silminnäkijänä oli retkikuntaan kuulunut pappi. Hän välitti tieon läheiseen leiriin ja kertoi keitä murhaajat olivat. [31]

Siirtolaisista jäi henkiin arviolta 15, kaikkien kohtaloa ei tietä. Heistä 6 palasi Ranskaa, yksi Kanadaan ja loput joutuivat espanjalaisten vangeiksi. [27] . Fort St. Louis'in jääneet aikuiset siirtolaiset joutuivat karankawojen järjestämän massamurhan uhriksi, mutta lapset säästettiin ja kuljetettiin hyökkääjien kylään. Kaksi linnakkeeseen palannutta retkikunnan jäsentä hautasi 14 ruumista ja lähetti intiaanikuriirin matkassa espanjalaisille liéon siirtokunnan kohtalosta. [32]

La Sallen murhaajat joutuivat omien liittolaistensa ampumiksi riidan seurauksena toukokuussa 1687. [33]

La Sallen merkittävin perintö oli ranskalaisten linnakkeiden verkosto, joka ylettyi Suurilta järviltä Mississippijoen varsille ja Ohioon. Hänen aloittamansa kauppasuhteet tasankojen intiaanien kanssa antoivat perustan Uuden Ranskan myöhemmälle kaupankäynnille Ranskan Louisianan alueella. La Sallen kunniaksi sur nimetty Yhdysvalloissa useita paikkakuntia, kouluja, katuja, hotelleja ja automerkki. Vuonna 1930 Amerikan vallankumouksen tyttärien (DAR) Texasin haaraosasto ja Navasotan kaupungin asukkaat pystyttivät lähes viisi metriä korkean La Sallen patsaan lähelle hänen oletttua kuolinpaikkaansa. [34]

Ranskan hallitus lähetti hyvien tahdon valtuuskunnan Navasotaan huhtikuussa 1937 juhliakseen La Sallen kuoleman 250 vuosipäivää. [34]

Lippulaivan de La Sallen La Bellen hilky löytyi vuonna 1996 yli kymmenen vuotta kestäneiden etsintöjen jälkeen. Nostotyön mahdollistamiseksi hylyn ympärille jouduttiin rakentamaan pato. La Belle oli löydettäessä lähes ehjä, ja sen uumenista löytyi 700 000 esinettä – miekoista ja kanuunoista matkalaisten henkilökohtaisiin esineisiin sekä helmiin ja peileihin, joilla aiottika akuppayd äisa. [35] Pintaan nostettu alus säilöttiin nesteeseen, jottei se kuivuessaan murentuisi. Nyt hylyn säilömiseksi ja kuivattamiseksi on suunniteltu kaikkien aikojen suurinta arkeologista pakastekuivausta, joka tapahtuu texasilaisessa tukikohdassa sijaitsevassa jättipakastimessa. [36]


Explore le sud-ouest américain

La Salle fit d'autres voyages inconnus de 1671 à 1673. À l'automne 1673, il retourna à Montréal. Une fois sur place, il s'allie avec Louis de Buade (aussi connu sous le nom de comte de Frontenac), gouverneur de la Nouvelle-France, dans une dispute qui se déroule alors dans la colonie. Pour son soutien, La Salle a été récompensé par un titre de noblesse (Sieur de La Salle) et le commandement du fort Frontenac sur le site actuel de Kingston, en Ontario. En 1677, il retourne en France et, l'année suivante, il obtient du roi Louis XIV la permission d'explorer la partie ouest de l'Amérique du Nord entre la Nouvelle-France, la Floride et le Mexique.

En septembre suivant, La Salle commença l'expédition en construisant un fort sur la rivière Niagara. Il était accompagné de plusieurs autres explorateurs français qui allaient également devenir célèbres, dont Henry de Tonti et Louis Hennepin. La Salle dut passer l'hiver 1678-1679 au fort Frontenac à Kingston. À son retour, il découvrit que ses hommes avaient construit un navire, le Griffon, pour l'exploration des Grands Lacs. Ils s'embarquèrent le 7 août 1679.


Robert Cavelier, Sieur de La Salle


Robert Cavalier, sieur de La Salle, est né à Rouen, en France, en 1643. Jeune homme, La Salle avait prévu d'entrer dans la prêtrise, mais s'est trouvé inapte à la vie. À 24 ans, il suit son frère au Canada, où il se lance dans la traite des fourrures. La Salle fut bientôt captivé par les opportunités disponibles dans les terres largement inexplorées de l'Amérique du Nord. En 1669, il lance sa première expédition, découvrant la rivière Ohio. Au cours des années suivantes, il a combiné l'exploration avec ses entreprises commerciales. En 1682, il descend le Mississippi et revendique pour la France toutes les terres drainées par le fleuve, un vaste territoire qu'il baptise &ldquoLouisiane» d'après le roi de France Louis XIV.

Un des hommes de La Salle, Nicolas de La Salle (aucun parent), tenait un journal de cette expédition. Il a enregistré une chronologie quotidienne détaillée, ainsi que des informations inestimables sur les cultures indiennes rencontrées par le groupe. Il termina ce journal en 1685 après son retour en France, mais on ignore où se trouve le manuscrit original. Seuls deux exemplaires existent, l'un à la Newberry Library de Chicago et l'autre récemment découvert à la Texas State Library and Archives.

La provenance de ce document est incertaine, mais on pense qu'il a été acquis par les Archives à la fin du XIXe siècle. Pour plus d'informations et la traduction anglaise de ce document remarquable, voir William C. Foster's La Salle Expedition on the Mississippi River: A Lost Manuscript of Nicolas de La Salle.

En 1683, Robert La Salle obtient le soutien royal pour une entreprise de voyage jusqu'à l'embouchure du Mississippi à travers le golfe du Mexique et d'établissement d'une colonie pour la France.À partir de cette base, la France pourrait frapper le Mexique espagnol, harceler les navires espagnols et bloquer l'expansion anglo-américaine en Amérique du Nord. La flotte de La Salle de quatre navires et 280 hommes et colons a été en proie à des problèmes dès le début, culminant avec l'échec de trouver l'embouchure du Mississippi, débarquant à la place à Matagorda Bay dans le Texas actuel le 20 février 1685. L'un de ses des navires avaient déjà été saisis par des pirates espagnols à la fin de 1686, un deuxième navire avait été perdu, et un troisième ramené en France avec quelques colons désenchantés. À la fin de l'hiver 1686, le dernier navire restant, le Belle, a été détruit par une rafale.

Malgré les graves revers, La Salle accomplit beaucoup d'exploration. On pense qu'il a exploré le Rio Grande aussi loin à l'ouest que la rivière Pecos près de la ville actuelle de Langtry. Le 19 mars 1687, alors qu'il était en marche pour tenter de trouver le Mississippi et reprendre la mission initiale de l'expédition, La Salle et sept autres personnes furent tuées lors d'un soulèvement de ses propres hommes. De retour à Matagorda Bay, les colons restants s'en sortent également mal à l'exception de quelques enfants, ils sont massacrés par les Indiens Karankawa en décembre 1688.

Les activités de La Salle ont eu des conséquences de grande envergure pour l'avenir du Texas. L'Espagne a augmenté sa propre exploration de la côte du Texas et a avancé le calendrier de sa propre occupation afin de conjurer les revendications françaises. Quant à la France, elle a continué à revendiquer le Texas, une revendication qui a été transférée aux États-Unis après l'achat de la Louisiane en 1803 et est restée un point sensible jusqu'à ce que les frontières soient réglées par traité en 1819.

Cliquez sur l'image pour agrandir l'image des pages de couverture et du journal.
Le journal de Nicolas La Salle, enregistrant les observations de l'expédition La Salle de 1682.

Le monument de La Salle, Indianola, Texas. Collection d'estampes et de photographies, Commission de la bibliothèque et des archives de l'État du Texas. #1/45-3.


Fort Frontenac

En 1673, les rapports du père Jaques Marquette et de Louis Joliet le convainquent que le Mississippi ne coule pas dans le Pacifique mais dans le golfe du Mexique. Soutenu par le gouverneur Frontenac et soutenu par le roi, La Salle construit le fort Frontenac dans l'actuel Kingston, en Ontario, comme base de colonisation de la vallée du Mississippi. Il envisageait une chaîne de forts français s'étendant de l'Atlantique au golfe qui canaliserait le commerce lucratif des fourrures de l'intérieur vers la France.


Robert Cavelier de La Salle

Aux États-Unis, La Salle est généralement considéré comme le plus grand des explorateurs français en Amérique du Nord. Lorsque l'histoire était enseignée dans les salles de classe américaines principalement comme la chronique héroïque de l'expansion de cette nation, son nom était inévitablement inscrit avec d'autres - Henry Hudson, Coronado, Ponce de Leon - dont les carrières ont dramatisé cette expansion. Sa mémoire a été honorée en ayant une voiture américaine qui porte son nom, ainsi que d'autres individus de la période coloniale, tels que Pontiac, De Soto, Cadillac. Cependant, ce sont les écrits historiques de Francis Parkman, décrivant La Salle sous un jour héroïque, qui ont le plus influencé son identité et sa signification dans la conscience nord-américaine. La Salle - identifié dans l'histoire populaire comme le premier homme à parcourir le Mississippi - est une personnalité historique dont la contribution à la conquête européenne et au développement de l'Amérique du Nord ne sera jamais éradiquée de notre mémoire collective.

L'image de La Salle

La notoriété du Cavelier de La Salle reste relativement élevée. Il ne fait aucun doute, cependant, que l'héritage de La Salle est actuellement en déclin, alors que la conquête européenne du continent est de plus en plus méprisée par les éducateurs et les historiens, et que l'enseignement de l'histoire comme le récit des grands hommes cède la place à une approche sociale et culturelle.

Au Canada, Cavelier de La Salle occupe une place importante, avec d'autres grands explorateurs, dans l'enseignement de l'histoire de la Nouvelle-France. Cela dit, le rappel le plus concret de la carrière de La Salle dans le Québec d'aujourd'hui est le Musée de la Ville de Lachine à Montréal, où les ruines d'une maison de l'ancienne seigneurie de La Salle ont été ressuscitées en musée. Il y a peu ou pas de références à La Salle lui-même parmi tous les artefacts du musée. De la même manière, il y a peu ou pas de références à La Salle dans l'actuel Kingston, en Ontario, où La Salle commandait autrefois le fort Frontenac. Cette absence est cohérente avec la négligence générale du patrimoine français de Kingston. Une petite portion du mur du fort Frontenac, déterrée ces dernières années par des archéologues, est le seul rappel visible de cet héritage, dans une ville où le tourisme historique se concentre presque exclusivement sur l'ère coloniale britannique, comme en témoigne Fort Henry.

La Salle, en tant qu'héritage, a connu une carrière plus intéressante aux États-Unis, où l'homme a toujours été admiré comme un explorateur audacieux. George Bancroft, auteur d'une histoire monumentale des États-Unis, a qualifié La Salle de « premier des marins » dans un volume de 1854. Mark Twain a consacré quelques pages à La Salle dans Life on the Mississippi, attribuant à La Salle d'être le premier homme à concevoir « l'idée de chercher ce fleuve et de l'explorer ». Ce faisant, La Salle est clairement devenu un Américain honoraire, aux yeux de Twain.

C'est cependant Francis Parkman qui a fait de La Salle un personnage historique vivant. Cet intellectuel de Boston était un romantique incurable - il aimait les œuvres de Sir Walter Scott et James Fenimore Cooper, deux auteurs méprisés par le résolument anti-romantique Twain. En tant qu'historien débutant, il trouva que l'histoire de la Nouvelle-France était une grande épopée romantique, et de tous les personnages principaux de cette épopée, La Salle était le plus apte à en être le héros.

Le courage et la robustesse de La Salle n'ont jamais été mis en doute. D'autres qualités de l'homme que d'autres ont trouvées répréhensibles - sa combativité, son allure aristocratique - Parkman admirait franchement. Même les accès de paranoïa et de quasi-folie de La Salle, les plus évidents lors de la dernière expédition de La Salle au Texas, n'ont fait que le rendre plus sympathique à Parkman, lui-même sujet à des épisodes de dépression sévère. Un lecteur peut sentir la touche délicate de Parkman dans le seul passage de l'histoire de Parkman où l'auteur souligne l'infirmité émotionnelle de son héros. "Il est difficile de ne pas voir dans tout cela la chimère d'un cerveau surmené, incapable de distinguer le possible de l'impossible", écrit Parkman à propos du comportement de plus en plus erratique de La Salle au Texas.

En raison des dons narratifs de Parkman en tant qu'historien et de la touche de lyrisme qui orne sa prose de temps à autre, son La Salle a connu un changement de statut. N'étant plus un nom parmi d'autres dans les chroniques de l'exploration, il est désormais un personnage littéraire. La Salle est ainsi devenu, en un certain sens, imperméable aux assauts des historiens, habitant comme il le fait aux Champs-Élysées de la littérature, grâce à la plume d'un Bostonnais. Ce La Salle ne peut être réellement remis en cause que par d'autres recréations imaginatives de son personnage. Au moins un autre écrivain a tenté d'envahir ces Champs Elysées et de défier Parkman pour des raisons littéraires. En 1986, un professeur d'anglais à l'Université d'État de New York à Binghamton, John Vernon, publia un roman intitulé La Salle, une riposte à « l'hagiographie idiote » de Parkman. Bien qu'il s'agisse d'un exercice littéraire ingénieux, bien documenté et hautement sophistiqué, le roman n'a pas eu d'effet appréciable sur la légende de La Salle.

L'histoire de Cavelier de La Salle

Derrière la légende, il y a l'homme. Robert Cavalier de La Salle est né en 1643 dans une riche famille de commerçants de Rouen. À l'âge de 17 ans, il rejoint l'Ordre des Jésuites, peut-être attiré par la perspective d'une activité missionnaire en Chine, en Inde ou dans les Amériques, mais le quitte en 1667 lorsque ces ambitions sont contrecarrées par ses supérieurs. La même année, il arriva au Canada où il obtint des terres à l'ouest de Montréal par l'ordre des Sulpiciens. Après avoir fait venir des colons et aidé à cultiver sa seigneurie, La Salle se tourna en 1669 vers la poursuite de sa vie d'exploration, avec une activité secondaire dans le commerce des fourrures. Placé en charge du fort nouvellement construit (1673) dans l'actuelle Kingston, par le gouverneur Frontenac, La Salle s'en servit comme base pour lancer ses explorations des Grands Lacs et du territoire de l'Illinois.

Après de nombreuses épreuves et après avoir assisté à d'horribles scènes de guerre dans la nature, impliquant la Confédération iroquoise et ses rivaux dans le commerce des fourrures, La Salle et ses hommes entrèrent dans le Mississippi via la rivière Illinois et, en avril 1682, après deux mois de navigation, atteignirent son embouchure sur le golfe du Mexique. La Salle retourne au Canada et en France, où il obtient une aide financière du roi pour son projet de construire un fort à l'embouchure du Mississippi. Son retour à cet endroit dans une expédition navale a été entravé par l'ignorance universelle de la géographie de la région, ce qui a entraîné le débarquement de l'expédition en 1685 dans l'actuelle baie de Matagorda, au Texas, à 400 milles à l'ouest du fleuve Mississippi. Après deux ans d'errance dans la région, alors que le nombre d'habitants français de la colonie grossièrement construite près de la baie de Matagorda diminuait régulièrement à cause de la maladie, des accidents et de la guerre avec les Indiens locaux, La Salle partit pour le Canada, à pied, pour obtenir de l'aide. C'est au cours de cette dernière expédition que La Salle est assassiné, à la mi-mars 1687, par des membres mécontents de son équipage.

Les monuments

En plus de la littérature, les monuments publics à divers endroits aux États-Unis ont enregistré les changements dans la perception publique de La Salle. Une plaque érigée sur le site de Fort Niagara par l'État de New York en 1934 fait référence à La Salle comme « l'auteur des grands débuts » et un « rêveur de rêves », deux titres qui placent La Salle fermement dans le contexte de l'histoire américaine. Les « Grands Commencements » ne se réfèrent manifestement pas aux origines de, disons, la province de Québec, mais des États-Unis d'Amérique. Les « Rêves » de La Salle ressemblent aussi étrangement au Rêve américain.

La plaque dit : « Grâce à son courage, sa souffrance et son endurance, le christianisme et la civilisation sont venus. Parkman pourrait rechigner à la référence au christianisme, car il n'avait aucune utilité pour cette religion. L'ombre de La Salle, cependant, pouvait plaire, car il était un catholique sérieux, malgré son antipathie pour les jésuites, et se considérait sans doute comme plus qu'un simple grossiste en peaux de castor et de buffle.

Une plaque plus récente, à Starved Rock, autrefois le site d'un fort construit par les hommes de La Salle et maintenant un parc d'État de l'Illinois, conserve le sens héroïque de La Salle, tout en l'accommodant à des sensibilités plus contemporaines. "La Salle était un homme de vision et de courage", lit-on sur la plaque. "Il a établi des contacts avec les Amérindiens et a apporté la culture européenne dans cette région, tout en agissant comme un artisan de la paix dans ses actions avec les peuples indiens locaux. Ses explorations étaient responsables de l'expansion de la frontière occidentale dans cette région de l'Illinois." Alors que peu de gens considéreraient La Salle principalement comme un « artisan de la paix », cette étiquette rappelle que La Salle, dans toutes ses aventures, était innocent du sang indien. Le contraste est frappant avec ses homologues espagnols, tels que De Soto, et constitue certainement une base pour une éventuelle appréciation ascendante de la « valeur » patrimoniale de La Salle.

Le plus grand monument à La Salle a été érigé en 1939 sur la plage d'Indianola, non loin du site de la colonie de La Salle au Texas sur Garcitas Creek. La Salle mesure environ huit pieds de haut, avec des cheveux flottants et une épée massive, comme un chevalier arthurien. Sa tête, cependant, n'est pas relevée en triomphe. Au contraire, il regarde vers le bas, comme s'il reconnaissait tristement son échec. La citation sur le monument est de Parkman : « L'Amérique lui doit un souvenir impérissable car dans cette figure masculine, elle voit le pionnier qui l'a guidée vers la possession de son héritage le plus riche. C'est comme si les créateurs du monument voulaient consoler La Salle de la terrible débâcle de son expédition au Texas en lui accordant le statut honorifique d'Américain, accompagné d'un bouquet de gratitude.

Le monument le plus étrange à La Salle se trouve également au Texas. Il s'agit d'une statue grandeur nature de La Salle dans la rue principale de Navasota, au Texas, où de nombreux historiens pensent que La Salle a été tué. Cette statue de 1930 fait référence à La Salle comme à "un homme d'État frontalier, un bâtisseur d'empire, un noble de rang et de caractère". Elle le montre tendant une main amicale à un Indien local. Encore une fois, il s'agit de Parkman pur, bien que Parkman ne soit pas aussi sentimental à propos de l'Indien local. Une interprétation supplémentaire de la statue est proposée dans un essai intitulé Une histoire du monument de La Salle à Navasota, par un homme nommé Loyal V. Norman. L'essai peut être trouvé dans la bibliothèque publique de Navasota. Norman écrit,. "La Salle a été classée parmi les Héros de l'Alamo, comme un martyr de l'avancement du Texas."

C'est peut-être le rôle le plus improbable que La Salle ait jamais joué. Pourtant, le commentaire montre une certaine élasticité dans l'image de La Salle, ce qui n'est en aucun cas une mauvaise chose pour un bien patrimonial.

Il convient également de noter que Navasota contient un autre souvenir de La Salle. À côté d'un parking d'un restaurant chinois appelé le Golden Palace se trouve un buste prétendument de La Salle - il a une expression très désagréable sur son visage - offert aux citoyens de Navasota par un organisme appelé le Comité français du Bicentenaire des États-Unis États et un autre organisme appelé l'Association France-Amérique. Il n'y a aucune inscription dessus.

Bâtir le patrimoine de La Salle

De tous les grands noms de la Nouvelle-France du XVIIe siècle, La Salle, avec Samuel De Champlain, a été le plus honoré par les écrivains américains, tels que l'historien du XIXe siècle George Bancroft, Mark Twain et surtout Francis Parkman. Ces écrivains adoptent universellement un ton de célébration concernant la plus grande réussite de La Salle, son voyage sur le fleuve Mississippi jusqu'au golfe du Mexique. On n'oublie pas, bien sûr, la dernière et fatale expédition de La Salle au Texas, mais cet épisode, pour ces écrivains, ne fait que donner un air de noble tragédie à la carrière de La Salle. Pendant ce temps, à travers des plaques et des statues historiques, dans des lieux tels que l'État de New York, l'Illinois et le Texas, la mémoire de La Salle continue d'être honorée aux États-Unis.

C'est une question intéressante, étant donné que tous les documents historiques disponibles concernant La Salle ont été minutieusement étudiés par les historiens depuis des générations, si une réinterprétation majeure de La Salle émergera à l'avenir. Si une lumière nouvelle doit être jetée sur La Salle, elle pourrait bien provenir d'enquêtes anthropologiques et archéologiques en cours sur les conditions de vie à l'époque, tant chez les Européens que chez les Amérindiens. Mais la croissance ou la diminution du statut iconique de La Salle, et donc de sa valeur patrimoniale, ne viendra probablement pas de savants mais de romanciers, cinéastes ou producteurs de télévision intrigués par la figure de La Salle et désireux d'entreprendre une réévaluation imaginative de l'explorateur. .

Ce que La Salle nous offre est un véritable exemple de l'esprit de réalisation et de découverte individuelle, couplé à une compréhension et à une acceptation de « l'autre » - dans le cas de La Salle, les Amérindiens. L'aspect le plus encourageant de son histoire est sa communication avec les Amérindiens, et un rapport qui était authentique et qui dépassait souvent sa communication et son rapport avec son propre peuple. Lui et les Amérindiens se sont compris, dans une sorte de miracle de compréhension interculturelle.


Il est vrai que dans la dernière phase de la carrière de La Salle, son séjour au Texas, son jugement, à cet égard et à d'autres, lui a fait défaut. Pour une raison quelconque, il n'a pas exercé ses dons pour engager les Autochtones selon leurs propres conditions. Cela ne devrait cependant pas nuire à son bilan global de négociations avec les peuples autochtones. Cela ne devrait pas non plus nuire à son plus grand triomphe, un triomphe sur lui-même et sur son incapacité à travailler avec et à compter sur ses compatriotes. Pendant un court instant, parcourant le Mississippi avec quelques personnes de confiance, il s'est épanoui.

Il s'agit certainement d'un récit historique qui peut être considéré comme un héritage en devenir

Philippe Marchand

BIBLIOGRAPHIE

Doughty, Howard. Francis Parkman. New York : Greenwood Press, 1962.

Margry, Pierre. Lettres de Cavelier de La Salle et correspondance relative à ses entreprises, 1678-1685. Brooklyn : AMS Press, 1974.

Parkman, François. La Salle et la découverte du Grand Ouest. Boston : Little Brown et compagnie, 1895.

Vernon, Jean. la salle. New York, N.Y. 1987.

Weddle, Robert S. L'épave de la Belle, la ruine de La Salle. Station universitaire, Texas. 2001.


René-Robert Cavelier, sieur de La Salle (1643-1687)

En 1682, l'explorateur français René-Robert Cavelier, sieur de La Salle descendit le fleuve Mississippi à la recherche d'une voie navigable vers le golfe du Mexique. S'arrêtant dans l'actuel comté de l'Arkansas sur le site actuel de l'Arkansas Post National Memorial, La Salle a érigé une croix pour désigner la région « Louisiane » en l'honneur de Louis XIV, roi de France. Il a été l'un des premiers explorateurs européens à conclure des alliances avec les Amérindiens de l'Arkansas et le premier à tenter d'établir une colonie permanente dans l'Arkansas grâce à son ami et collègue explorateur, Henri de Tonti.

La Salle est né à Rouen, en France, le 21 novembre 1643. Ses parents, Catherine Gesset et Jean Cavlier, étaient de riches marchands. Formé au Collège des Jésuites de Rouen, La Salle a renoncé à son héritage pour entrer dans la Compagnie de Jésus et a étudié pour devenir prêtre. Se sentant inapte à la prêtrise, La Salle quitta l'ordre et s'embarqua pour le Canada en 1667 pour rejoindre son frère Jean. Il faisait le commerce des fourrures dans la vallée de la rivière Ohio et explorait la vallée du fleuve Mississippi dans le but d'établir des postes de traite des fourrures des Grands Lacs au golfe du Mexique.

Dans les années 1670, La Salle a obtenu un brevet de noblesse et une concession seigneuriale du roi de France pour des terres en Amérique du Nord. Aidé par de Tonti, La Salle a cultivé d'importantes alliances militaires, sociales et politiques avec les tribus indiennes de la vallée du Mississippi. Atteignant l'Arkansas en 1682, La Salle et ses hommes s'arrêtèrent au village Quapaw de Kappa, une colonie située sur le fleuve Mississippi à environ vingt miles au sud de l'embouchure de la rivière White, où, après des soupçons initiaux, la tribu les reçut cordialement. Avant de quitter le Quapaw, La Salle érige une colonne aux armes de Louis XIV et une croix peinte à Kappa. À partir de ce moment jusqu'à la domination espagnole de la Louisiane dans les années 1760, les Quapaw se sont alliés aux Français pour obtenir des armes à feu et de la main-d'œuvre pour faire face à leurs ennemis qu'ils ont également échangés, ont formé des alliances politiques et se sont même mariés avec eux. C'était une relation avantageuse pour les Quapaw et les Français. À la suite de cette cérémonie, La Salle a accordé une concession de terre à son ami de confiance, de Tonti, qui a établi un petit poste de traite qui deviendrait le premier établissement européen permanent de l'Arkansas, Arkansas Post (comté de l'Arkansas), en 1686.

La Salle retourna en France afin de promouvoir la colonisation en territoire français occupé.De retour en Amérique du Nord avec 200 colons, l'expédition de La Salle rate l'embouchure du fleuve Mississippi et finit par atterrir sur la côte de la baie de Matagorda, au Texas, en 1685. Il ordonne la construction d'un fort et part à la recherche du fleuve Mississippi. avec plusieurs colons. Son erreur de jugement et son indécision sur leur situation provoquèrent des dissensions, qui conduisirent des membres de l'équipe d'exploration à le tuer le 19 mars 1687, près du village Hasinai (Indiens Tejani).

La Salle a finalement échoué dans son entreprise d'établir des postes de traite des fourrures le long du fleuve Mississippi, mais ses expéditions ont fait sa renommée. Cependant, il a ouvert la grande voie navigable pour le développement et a noué des amitiés avec les Indiens de l'Arkansas, qui aideraient et soutiendraient les colons français de la région pendant plus de 100 ans.

Pour plus d'informations :
Arnold, Morris. Colonial Arkansas, 1686-1804: Une histoire sociale et culturelle. Fayetteville : University of Arkansas Press, 1991.

———. Grondement d'un tambour lointain : les Quapaw et les nouveaux venus de l'Ancien Monde, 1673-1804. Fayetteville : University of Arkansas Press, 2000.

————. Des lois inégales à une race sauvage : les traditions juridiques européennes en Arkansas, 1686-1836. Fayetteville : University of Arkansas Press, 1985.

Chesnal, Paul. Histoire de Cavelier de la Salle, 1643-1687. Traduit par Andrée Chesnel Meany. New York : Putnam, 1932.

Cox, Isaac Joslin, éd. Les Voyages de René Robert Cavelier, Sieur de la Salle. New York : Barnes, 1905.

Parkman, François. la salle et la découverte du Grand Ouest. New York : Nouvelle bibliothèque américaine, 1963.

Weddle, Robert S., éd. La Salle, le Mississippi et le Golfe : Trois Documents Primaires. College Station : Texas A&M University Press, 1987.

Lea Fleurs Boulanger
Lieu historique national de l'école secondaire Little Rock Central


Monument Robert Cavelier de LaSalle

Robert Cavelier de La Salle (1643-1687) a exploré la région des Grands Lacs, le fleuve Mississippi et le golfe du Mexique au XVIIe siècle. Il est surtout connu pour avoir revendiqué la vallée du Mississippi pour la France et l'avoir nommée «Louisiane» pour le roi Louis XIV. La Salle est mort au cours d'une expédition au Canada en 1687, lorsque son équipage s'est mutiné et l'a tué.

Lambert Tree (1832-1910), un juge de la cour de circuit réformiste, pensait que La Salle avait apporté à l'histoire américaine d'importantes contributions qui avaient été largement ignorées. Pour donner à La Salle la reconnaissance qu'il méritait, Tree et sa femme, Anna, ont décidé de lui faire don d'un monument à placer à Lincoln Park. Quelques années plus tard, ils achètent également le monument Robert Cavelier de La Salle pour Lincoln Park. En plus de fournir à la ville des sculptures publiques, les deux philanthropes ont également fondé Tree Studios, un complexe qui offrait des logements attrayants et abordables aux artistes de Chicago.

Alors qu'il était ministre en Belgique en 1885, le juge Tree a chargé le célèbre sculpteur belge, le comte Jacques de La Laing, de créer le monument Robert Cavelier de La Salle. La figure de La Laing de La Salle est représentée avec une épée et un pistolet. La Laing a coulé la sculpture en bronze en Belgique et l'a expédiée à Chicago.

Au fil des ans, la sculpture a été déplacée plusieurs fois dans Lincoln Park. Installé à l'origine dans une petite pelouse triangulaire au centre de W. Stockton Drive, il était devenu un obstacle à la circulation automobile au milieu des années 1920. La Lincoln Park Commission a ensuite déplacé l'œuvre d'art vers le sud-est dans une zone à l'est de la rue N. Clark et au sud de la rue W. Menomonee. Dans les années 1940, le monument se trouvait juste au nord d'un parking en surface, à un endroit qui le rendait relativement imperceptible. Lorsque le Chicago History Museum a construit un nouveau parking souterrain dans cette zone dans les années 1990, la sculpture a été déplacée vers un endroit plus important au coin de la rue N. Clark et de l'extension de La Salle Drive.


Voir la vidéo: Robert de La Salle